En 2025, les transferts de cryptomonnaies vers des services liés au trafic d'êtres humains ont augmenté de 85 %

Chapô : Un rapport publié par Chainalysis révèle une augmentation alarmante de l'utilisation des crypto-monnaies dans des cas présumés de trafic d'êtres humains, atteignant 260 millions de dollars en 2025. Les réseaux de prostitution privilégient les stablecoins, tandis que la majorité des sites liés à l'abus sexuel sur enfants (CSAM) dépendent d'une infrastructure basée aux États-Unis. Tom McLouth, analyste chez Chainalysis, souligne que le sujet reste tabou et nécessite davantage d'attention.

Une hausse significative du trafic lié aux crypto-monnaies

Le rapport 2026 sur la criminalité cryptographique a révélé que l'utilisation des crypto-monnaies pour le trafic d'êtres humains a augmenté de 85 % en 2025. Cette évolution a conduit à un montant total estimé à « plusieurs centaines de millions de dollars » pour les services identifiés. Selon Tom McLouth, analyste chez Chainalysis, ces résultats indiquent un tournant critique pour l'industrie.

« Je n'ai vu personne parler de la traite des êtres humains dans l'écosystème cryptographique actuel et comment elle est exploitée », a-t-il déclaré à Decrypt. Le rapport fait état d'un examen minutieux croissant autour du secteur, notamment avec les révélations concernant Jeffrey Epstein et ses connexions avec des figures influentes du milieu.

Des méthodes de paiement variées selon les catégories

Les réseaux criminels montrent une diversité dans leurs choix de paiement. Bien que Bitcoin demeure populaire, il y a un glissement vers les stablecoins parmi les réseaux de prostitution et ceux impliqués dans le trafic d'êtres humains. Ces derniers peuvent être convertis en monnaies locales via des systèmes sophistiqués tels que ceux basés sur la langue chinoise.

Chainalysis indique également une adoption croissante du Monero, connu pour sa capacité à masquer les détails transactionnels, par les fournisseurs CSAM afin d'échapper aux autorités.

Des transactions financières complexes dans le domaine CSAM

En analysant la blockchain, il apparaît que près de 48,8 % des transferts associés aux réseaux internationaux d'escorte dépassaient 10 000 $ en 2025. Pour le recrutement lié au trafic humain, les paiements se situaient généralement entre 1 000 $ et 10 000 $, alors qu'environ la moitié des transactions liées au CSAM étaient inférieures à 100 $.

Un cas cité montre qu'un seul site CSAM utilise plus de 5 800 adresses cryptographiques, générant plus de 530 000 $ depuis juillet 2022. L’Internet Watch Foundation rapporte plus de 312 000 rapports d’images abusives sur enfants en 2025, mettant ainsi en lumière l’étendue tragique du problème.

La dépendance envers une infrastructure américaine

Le rapport indique aussi que beaucoup de sites CSAM s'appuient fortement sur une infrastructure hébergée aux États-Unis. Ainsi, McLouth explique : « Pour cibler ces victimes… ils doivent tirer parti des infrastructures au sein ». Cela témoigne d'une stratégie réfléchie visant à maximiser leur accès aux victimes potentielles riches venant principalement des pays anglophones occidentaux.

L'urgence d'une discussion ouverte sur la criminalité liée aux crypto-monnaies

Malgré cette croissance inquiétante du rôle des crypto-monnaies dans ces activités criminelles, McLouth insiste sur le fait qu'elles ne sont pas intrinsèquement responsables : « Du point de vue numérique… nous souhaitons souligner que cela ne permet pas le crime ». Il appelle également à ouvrir un dialogue crucial concernant l'application légale et la responsabilité face à ce phénomène grandissant.

« À mon avis… c'est un véritable trafic humain », conclut-il avec gravité. Ce témoignage met en exergue non seulement l’urgence mais aussi la nécessité impérieuse d’aborder cette problématique sous tous ses angles afin protéger ceux qui sont touchés par ces crimes odieux.