Les actions des banques plongent après que Trump s'attaque aux taux d'intérêt des cartes de crédit

Donald Trump propose un plafond à 10 % sur les taux d’intérêt des cartes de crédit

Le président Donald Trump a annoncé son intention de limiter les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % à partir du 20 janvier 2026. Cette annonce, faite sur sa plateforme Truth Social, a immédiatement entraîné une chute des actions des grandes banques. Les analystes mettent en doute la faisabilité de cette proposition sans l'approbation du Congrès.

Les banques américaines subissent une forte pression après l'annonce

Avec l’annonce de Trump, le marché boursier a réagi rapidement. Les actions de JPMorgan Chase ont chuté de 3 %, celles de Citi Group ont baissé de près de 4 %, et Bank of America a enregistré une baisse de 2,45 % lors des échanges pré-marché. Cette réaction illustre la crainte des investisseurs face à un potentiel changement majeur dans la politique financière.

Trump a affirmé que les Américains ne se laisseront plus « arnaquer » par les sociétés émettrices de cartes. Actuellement, les taux d’intérêt dépassent souvent les 20 %, atteignant même jusqu'à 30 % pour certains consommateurs ayant des cotes faibles.

L'impact s'étend aux sociétés de traitement des paiements

La baisse n’a pas seulement touché les banques mais également les sociétés liées au secteur du paiement. Par exemple, le cours d’American Express a chuté de 4,4%, tandis que celui d’Affirm, qui pourrait bénéficier du changement proposé par Trump, pourrait voir son activité augmenter si les banques restreignent leurs prêts aux emprunteurs jugés risqués.

D'autres entreprises comme Visa et Mastercard ont également vu leurs actions diminuer respectivement de 1,58% et 2%, ce qui met en évidence la nervosité ambiante dans le secteur financier.

Les analystes doutent sur la faisabilité législative

Des experts financiers estiment que Trump ne peut pas imposer ce plafond sans intervention législative. Selon Ed Mills, analyste chez Raymond James : « L’autorité présidentielle ne s’étend pas à la fixation des plafonds ». Cela signifie qu’une nouvelle loi devra être adoptée par le Congrès pour rendre cette mesure effective.

Les chances que cela devienne réalité sont jugées « relativement faibles », car il est probable que le secteur financier exerce une pression significative contre toute initiative législative en ce sens.

Un accès au crédit compromis pour certains consommateurs

Cependant, cette proposition soulève aussi des inquiétudes quant à l’accès au crédit. Les institutions financières pourraient être contraintes d’ajuster leurs critères d’octroi si elles ne peuvent pas tarifer adéquatement le risque associé aux prêts. Cela pourrait entraîner davantage de difficultés pour ceux ayant un score FICO inférieur à 745 – représentant plus de la moitié des consommateurs américains selon Dan Dolev, analyste chez Mizuho.

Dolev souligne qu’un système où ces plafonds seraient appliqués pourrait nuire aux mêmes consommateurs qu’il souhaite protéger : « Le plafond nuit aux consommateurs qu'il entend protéger », avertit-il.

L'avenir politique et économique autour du plafonnement proposé dépendra largement du débat au Congrès et sera surveillé attentivement par l'industrie financière dans les semaines à venir.