Les assureurs européens doivent respecter des exigences en capital de 100 % pour les actifs crypto

Histoire Piltants

  • L'UE impose une exigence de capital à 100% pour les assureurs détenant des cryptomonnaies
  • Les États-Unis assouplissent les règles sur la cryptographie, tandis que l'UE renforce ses réglementations
  • Les assureurs européens devront conserver des réserves complètes pour leurs actifs en crypto

L'Union européenne (UE) s'apprête à mettre en place des règles strictes concernant les compagnies d'assurance qui détiennent des cryptomonnaies. Les régulateurs européens proposent que ces compagnies doivent allouer 100% de leur capital aux actifs numériques lors de l'investissement. Cette proposition vise à établir les contraintes financières les plus élevées pour les assureurs investissant dans ces actifs. Actuellement, la majorité des sociétés d'assurance européennes retiennent entre 60% et 80% de leur capital pour se protéger contre la volatilité du marché crypto. La Commission européenne doit encore approuver cette proposition qui est actuellement examinée.

L'UE impose une exigence en capital à 100% pour les assureurs détenant des cryptomonnaies

L'Autorité Européenne des Assurances et des Pensions Professionnelles (EIOPA) plaide pour un renforcement de la surveillance réglementaire sur le secteur. Les autorités souhaitent dissuader les compagnies d'assurance d'investir excessivement dans ces actifs numériques au regard des objectifs fixés par ces nouvelles régulations. Pendant ce temps, aux États-Unis, on observe une tendance opposée avec un assouplissement progressif des restrictions sur la cryptographie destinée aux institutions financières.

La nouvelle règle obligerait chaque assureur à maintenir un capital équivalent à 100% de la valeur de ses investissements en crypto-actifs, incluant le bitcoin ainsi que tous autres actifs numériques basés sur une valeur sous-jacente comme celle des monnaies fiduciaires ou instruments financiers traditionnels. Cela entraînera inévitablement une augmentation significative du coût associé aux investissements dans ce domaine.

Aujourd'hui, bien que les propositions soient ambitieuses, elles semblent peu pertinentes vis-à-vis du portefeuille actuel d'actifs cryptographiques détenus par le secteur : environ 655 millions d'euros, représentant moins de 0,01% du total du portefeuille institutionnel européen évalué à près de 9,6 billions d'euros. Le Luxembourg reste le principal dépositaire de ces actifs tout en utilisant principalement des fonds d'investissement indirects.

De plus, l'EIOPA classe toujours les crypto-monnaies parmi les investissements jugés « hautement risqués » dû à leur volatilité extrême et aux risques associés comme la manipulation ou le manque de transparence opérationnelle. Par exemple, le prix du Bitcoin a chuté jusqu'à 82% en seulement un an et Ethereum a connu une baisse spectaculaire atteignant jusqu'à 91% durant l'année 2017.

L'UE renforce sa réglementation alors que les États-Unis adoptent une approche plus souple

Tandis que l'UE choisit un chemin restrictif envers la réglementation relative aux crypto-actifs, il faut noter qu'au niveau mondial certains régulateurs bancaires adoptent désormais une attitude plus flexible. Le Comité de Bâle introduit deux catégories différentes concernant les actifs numériques : ceux considérés comme stables sont traités selon leur valeur sous-jacente tandis que ceux perçus comme volatils nécessitent également qu'une réserve complète soit maintenue par rapport à eux.

La dynamique américaine continue vers un soutien accru envers l'écosystème crypto ; après l'élection présidentielle américaine qui pourrait avoir lieu en novembre 2024 où Donald Trump pourrait revenir au pouvoir avec son projet ambitieux visant à faire des États-Unis leaders mondiaux dans l'exploitation du Bitcoin. De plus, depuis janvier 2025, la Securities and Exchange Commission (SEC) a modifié ses précédentes directives concernant le traitement comptable lié aux actifs numériques par rapport aux passifs.

Cela ouvre davantage de possibilités pour permettre aux institutions financières américaines mieux encadrer leurs opérations liées au numérique grâce notamment au changement réglementaire apporté récemment. Pendant ce temps-là cependant, l'UE continue son combat contre tout risque potentiel lié au développement rapide du marché crypto afin d'apporter davantage sécurité et stabilité financière tout en imposant potentiellement plus lourdement ses acteurs locaux face au risque croissant engendré par ces investissements stratégiques futuristes mais instables économiquement parlant.