Pour atteindre l'excellence, il faut parfois se faire des ennemis, selon Max Resnick, économiste chez Solana
Chapô : Max Resnick, ancien chercheur chez Consensys et nouvel économiste en chef d'Anza, partage son expérience au sein du gouvernement américain et ses critiques sur l'écosystème Ethereum. Fort de son passage à Solana, il évoque la nécessité de repenser les approches de scalabilité des blockchains. À travers ses déclarations percutantes, il souligne un fossé générationnel entre les cultures d'Ethereum et de Solana.
Max Resnick dépeint un portrait désenchanté du gouvernement américain
Max Resnick a été stagiaire à la Maison Blanche sous Donald Trump en pleine pandémie de Covid-19. Son expérience lui a ouvert les yeux sur le fonctionnement inefficace du gouvernement américain. « C'était une expérience révélatrice sur comment fonctionne le gouvernement. Les choses ne fonctionnent tout simplement pas », confie-t-il dans une interview.
Il se souvient qu'il avait fallu un mois pour obtenir un simple tableau blanc lors de son stage au Council of Economic Advisors. Pour lui, le pire était que « lorsque vous êtes censé rechercher la vérité mais que vous tournez finalement les faits pour servir un agenda politique, ce n'est pas quelque chose que j'ai beaucoup apprécié ».
Le parcours audacieux de Max Resnick dans l'univers crypto
Après avoir étudié l'économie à l'Université du Michigan, où il s'intéresse aux politiques sanitaires et aux sciences informatiques, Resnick a rejoint le monde des cryptomonnaies via plusieurs startups blockchain. En 2021, il travaillait chez Risk Harbor avant d'être engagé comme responsable recherche par Special Mechanism Group (SMG), qui fut ensuite racheté par Consensys.
Sa découverte des défis liés à la valeur maximale extractible (MEV) a suscité son intérêt croissant pour ces problématiques au sein d'Ethereum jusqu'à sa décision controversée de rejoindre Solana en tant qu'économiste principal chez Anza.
Les critiques acerbes de Max Resnick envers Ethereum
Resnick exprime ses doutes concernant la feuille de route d'Ethereum qu'il considère comme dysfonctionnelle. Sur Bankless en septembre 2024, il avance que « Ethereum refuse de rivaliser sur la latence parce que Vitalik a peur ». Il critique également le fait qu’Ethereum ait détourné son attention vers les solutions L2 plutôt que d’optimiser directement sa couche L1.
« Mon approche est toujours : je me soucie peu du prix à court terme du token ; je pense au réseau à long terme », affirme-t-il tout en ajoutant qu’il est prêt à être critiqué pour ses positions.
Solana bénéficie d'une culture dynamique et réactive selon Resnick
Dans son nouveau rôle chez Solana, Resnick apprécie particulièrement l'énergie et l'approche pragmatique des ingénieurs. Lorsqu'il compare le développement rapide des fonctionnalités chez Solana avec celui plus lent observé dans Ethereum, citant notamment La Fusion qui a pris cinq ans, il souligne une philosophie orientée vers l'action immédiate : « Quand nous décidons quelque chose… nous savons comment y parvenir ».
En collaboration avec Anatoly Yakovenko, co-fondateur de Solana, ils ont co-écrit une mise à jour stratégique visant à améliorer l'exécution contrôlée par les applications (ACE), permettant ainsi aux contrats intelligents plus grande flexibilité dans leurs transactions.
Une nouvelle vision face au fossé générationnel entre Ethereum et Solana
Resnick représente une nouvelle vague dans cet écosystème blockchain où il perçoit un décalage culturel marqué entre les générations anciennes enracinées dans Ethereum et celles émergentes autour de Solana. Selon lui : « Les personnes construisant sur Ethereum depuis dix ans sont maintenant riches; elles n'ont plus la même énergie ».
Il ressent également que certaines décisions prudentes prises par Ethereum peuvent freiner leur progression actuelle face aux réalités compétitives du marché crypto moderne.
En définitive, bien qu’il reconnaisse certains atouts dans la culture axée sur la recherche d'Ethereum, notant notamment le talent technique présent, Resnick plaide pour une approche moins idéologique qui permettrait une innovation plus rapide sans sacrifier des opportunités immédiates face aux défis concurrentiels actuels.
