Les autorités fiscales en Inde mettent en garde contre les risques que la crypto représente pour le recouvrement des impôts
Chapô : Lors d'une réunion parlementaire le 7 janvier 2026, les autorités fiscales indiennes ont mis en lumière la difficulté de suivre les transactions cryptographiques et de percevoir les impôts associés. L'Inde applique un système fiscal strict qui pousse les commerçants à échanger des cryptomonnaies sur des plateformes étrangères. Malgré une campagne d'application massive, la lutte contre l'évasion fiscale dans le secteur reste complexe.
Les mouvements d’argent anonymes compliquent la perception des impôts
Le ministère de l’Impôt sur le revenu a alerté lors d'une réunion avec le Comité parlementaire permanent des finances que les transactions en cryptomonnaie sont presque impossibles à suivre. Ces transactions permettent aux utilisateurs de transférer de l'argent anonymement à travers les frontières en quelques secondes, souvent sans passer par des banques ou institutions réglementées.
Les principaux défis proviennent des bourses offshore, des portefeuilles privés et des plateformes financières décentralisées. Les responsables fiscaux ont noté qu’ils peinent à identifier effectivement qui possède quoi. Lorsque certains utilisateurs choisissent d’échanger sur des plateformes non enregistrées auprès de la cellule de renseignement financier indien, cela limite considérablement le pouvoir légal du fisc pour demander des informations.
Les portefeuilles privés amplifient ces difficultés : « Relier les adresses de portefeuille à de vraies personnes devient presque impossible », surtout lorsque l’argent circule entre différentes blockchains.
L’Inde affiche un système fiscal strict pour contrer la cryptomonnaie
Avec un impôt forfaitaire fixé à 30 % sur tous les bénéfices et un prélèvement additionnel de 1 % pour chaque transaction supérieure à 10 000 ₹ (environ 115 $), l’Inde a instauré l'un des régimes fiscaux concernant la cryptographie parmi les plus sévères au monde. À cela s'ajoutent une surtaxe de 4 % et une taxe sur les produits et services atteignant 18 %, ce qui peut mener jusqu'à un fardeau total atteignant 42,7 % pour certains commerçants.
Ce cadre économique rigide a incité beaucoup d'Indiens à déplacer leurs échanges vers l'étranger. Entre juillet 2022 et juillet 2023, ils ont échangé plus de 42 milliards de dollars en crypto-monnaies via ces bourses étrangères, représentant ainsi plus de 90 % du volume total échangé dans le pays. Le gouvernement estime avoir perdu environ 4,2 milliards de dollars en recettes fiscales dues au déplacement commercial vers ces marchés étrangers.
Une campagne massive contre ceux qui n'ont pas déclaré leurs revenus
En réponse aux défis posés par cette situation, le Conseil central des impôts directs a lancé une vaste campagne appelée NUDGE (Non-Intrusive Usage of Data to Guide and Enable), envoyant plus de 44 000 avis aux commerçants n'ayant pas déclaré leurs transactions cryptographiques. Cette initiative recoupe plusieurs sources d’information afin d’identifier ceux qui dissimulent leurs revenus.
Des perquisitions récentes ont révélé environ 888,82 crores ₹ (99,9 millions USD) en revenus non déclarés durant l'exercice financier 2024-25. Au total, cela comprend également près de 1 089 crores ₹ supplémentaires provenant d'actifs étrangers non divulgués, ainsi que 630 crores ₹ (72 millions USD) cachés localement.
Pour renforcer leur arsenal contre la fraude fiscale liée aux crypto-monnaies, la Direction générale du renseignement financier a saisi ou gelé environ 4 189 crores ₹ (500 millions USD) liés au secteur crypto tout en arrêtant 29 personnes impliquées dans cette évasion fiscale.
Une enquête approfondie ciblant Binance
En octobre 2025, une enquête importante fut lancée visant plus de 400 riches traders soupçonnés d’avoir dissimulé leurs profits réalisés via Binance entre 2022 et 2025. Cette investigation est devenue possible après que Binance ait commencé à coopérer avec la cellule financière indienne suite au paiement d’une amende s’élevant à 2,25 millions USD.
Dès son inscription officielle auprès du gouvernement indien en août 2024, Binance devait partager ses données utilisateur avec ces autorités locales exposant ainsi plusieurs traders pensant échapper aux radars fiscaux indiens. Ashish Karundia souligne que « les sanctions pourraient atteindre jusqu’à 300 % du montant dû selon le Black Money Act ».
La technologie avancée face aux obstacles persistants
L’Inde a investi dans diverses technologies modernes pour lutter contre la fraude fiscale dans le domaine numérique grâce notamment à Project Insight et divers systèmes basés sur l’intelligence artificielle pour analyser efficacement les données financières partagées internationalement via le Crypto-Asset Reporting Framework.
Cependant malgré toutes ces innovations technologiques mises en place pour traquer efficacement cette activité illégale liée aux crypto-actifs , il reste encore beaucoup à faire face « à la décentralisation » comme mentionné par une source anonyme contactée par Decrypt ; car « ces fonctionnalités sont intégrées dans la conception même » même si elles compliquent sérieusement leur travail quotidien .
Le marché indien continue malgré certaines restrictions imposées
Avec environ 100 à 150 millions utilisateurs actifs engagés autour du monde virtuel associé au trading numérique , L’Inde se positionne comme étant premier acteur mondial . En effet , elle domine aussi depuis deux ans consécutifs l’indice global portant sur adoption relative vis-à-vis cette nouvelle forme monétaire .
Actuellement évalué autour 22 130 crores ₹ lors exercice précédent – chiffre ayant connu bond significatif s’élevant déjà jusqu’à 51 180 crores ₹ récemment – experts envisagent qu’il pourrait atteindre 13 milliards USD avant fin décennie prochaine .
Bien qu’environ 49 bourses numériques aient fait démarche formelle auprès unité concernée , gouvernement persiste toujours quant statut juridique relatif ; indiquant clairement qu’actifs numériques ne possèdent aucune reconnaissance formelle légale .
Raj Kapoor fondateur alliance Blockchain Inde affirme quant lui que position actuelle pose problèmes concrets “car absence cadre clair tant protection investisseurs risque générera climat inquiétude”.
Des réformes fiscales espérées avec le budget fédéral prévu prochainement
La présentation officielle Budget Union prévue pour date précise du 1er Février suivant laisse présager discussions actives entre diverses parties prenantes concernant potentiels changements réglementaires envisageables relatifs taxation applicable ici-bas .
Représentations industrielles espèrent voir émerger proposition réduisant taux taxes applicables transactions potentiellement jusqu'à seulement 0 01%, tout permettant compensation pertes encourues pendant période trading actif mais avertissements récents suggèrent plutôt maintien pression accrue exercée envers acteurs secteur afin garantir conformité stricte lois existantes applicables actuellement .
Face contradictions inhérentes auxquelles doivent faire face autorités fiscales souhaitant augmenter recettes issues commerce virtualisé tout se heurtant lacunes liées imposition régissant nature même actifs concernés; on se demande si projet budgétaire viendra corriger approche actuelle ou accentuera davantage efforts déjà jugés insuffisants .
