La Banque d'Angleterre fait face à une pression accrue pour abaisser ses taux en décembre
La Banque d'Angleterre pourrait réduire ses taux d'intérêt en décembre, selon Nigel Green, PDG de deVere Group. Cette anticipation est soutenue par des données économiques récentes montrant une inflation plus faible et un ralentissement de la croissance des salaires. Les membres du comité de politique monétaire expriment des divisions croissantes sur la nécessité d'un assouplissement.
La Banque d'Angleterre maintient les taux à 4 % malgré les signes de ralentissement économique
La Banque d'Angleterre a décidé jeudi dernier de conserver son taux directeur à 4 %, avec un vote serré de 5 contre 4 au sein du comité de politique monétaire. Cette décision révèle des tensions croissantes parmi ses membres, certains plaidant pour une baisse immédiate afin d'éviter que les taux ne deviennent « nettement trop élevés ». Nigel Green souligne que même si cette décision était attendue, la discussion se concentre désormais sur le moment où la première réduction aura lieu. Il note que « la combinaison de trois mois consécutifs d'inflation à 3,8 %, un ralentissement dans la croissance des salaires et une demande des consommateurs en déclin indique une économie en perte de vitesse ».
L'inflation britannique reste sous contrôle tandis que l'économie montre des signes faibles
Depuis juillet, l'inflation britannique demeure inférieure à 4 %, tandis que l'inflation sous-jacente continue également de se modérer. Des données récentes montrent un ralentissement notable dans la croissance salariale pour septembre par rapport aux niveaux atteints durant l'été. Green affirme : « Les données racontent une histoire cohérente : l’inflation a atteint un sommet et l’activité économique réelle commence à ressentir la pression due à la hausse des coûts d’emprunt ». Il met en garde contre les risques associés au maintien prolongé des taux actuels : « Si la Banque attend trop longtemps, elle risque de pousser l’économie dans un ralentissement plus profond au moment même où la politique budgétaire est en train d’être réajustée ».
Quelles conséquences pour les ménages et entreprises si les taux restent inchangés ?
Le maintien du taux directeur à 4% pourrait avoir des conséquences lourdes sur les ménages et petites entreprises pendant l'hiver. Green explique que « les renouvellements de prêts hypothécaires pèsent déjà sur le revenu disponible », ce qui entraîne une diminution significative des investissements par les entreprises. Il insiste sur le fait qu'une légère réduction pourrait être bénéfique : « Une modeste réduction de 25 points serait non seulement symbolique mais aussi pratique ». Cela pourrait contribuer à stabiliser confiance tant chez les consommateurs que chez les entreprises tout en permettant aux politiques monétaires et budgétaires de mieux s'harmoniser après le budget.
Des tendances mondiales suggèrent une possible synchronisation avec d'autres grandes économies
Le contexte mondial actuel semble favoriser un assouplissement monétaire généralisé. La Banque centrale européenne envisage potentiellement une baisse dès début 2025, alors que la Réserve fédérale américaine a déjà amorcé un ralentissement dans son resserrement monétaire. Green prévient cependant : « Le Royaume-Uni risque de se désynchroniser s’il s’accroche à des paramètres restrictifs alors que d’autres grandes économies pivotent ». Une action préventive pourrait ainsi s'avérer nécessaire pour éviter tout dommage supplémentaire.
Les marchés anticipent déjà une potentielle baisse lors des deux prochaines réunions
Les marchés semblent intégrer progressivement cette possibilité avec chaque réunion prochaine. Selon Green : « Les investisseurs lisent les mêmes signaux que la Banque : l’inflation est ancrée, le marché du travail se refroidit et la production stagne ». Ce constat appelle selon lui à agir rapidement plutôt qu’à attendre un aggravement potentiel. Enfin, il rappelle que maintenir sa crédibilité dépendra non seulement du succès face à l'inflation mais aussi de prévenir toute détérioration inutile du paysage économique britannique. Il conclut : « Le défi est désormais de maintenir la croissance sans raviver les pressions sur les prix » tout en appelant enfin à préparer efficacement le terrain pour décembre afin qu’une décision soit prise dans ce sens.
