La Banque du Ghana met en place une initiative pour réguler les actifs numériques suite à la loi VASP

Le Ghana se tourne vers l'éducation des investisseurs en cryptomonnaies avec l'introduction de lois régissant les actifs numériques.

Les réformes législatives récentes ont amené le pays à établir un cadre réglementaire pour les services de cryptomonnaie, entraînant une initiative nationale d'alphabétisation financière. Ce programme a pour but de préparer la population à naviguer dans un environnement cryptographique désormais structuré et sécurisé.

L'éducation publique devient cruciale après l'adoption de nouvelles lois sur les actifs virtuels

Avec la mise en place de la loi 1154 régissant les fournisseurs de services d’actifs virtuels, la Banque du Ghana a lancé le National Virtual Assets Literacy Initiative (NAVALI). C’est le premier grand effort public visant à éduquer les citoyens sur les cryptomonnaies et leur fonctionnement depuis que ces services sont intégrés dans le cadre réglementaire formel du pays.

Auparavant, la Banque du Ghana avait principalement mis en garde contre les dangers des actifs numériques non réglementés. Grâce à cette nouvelle loi, qui donne des pouvoirs réglementaires à la banque centrale ainsi qu'à la Securities and Exchange Commission, il est désormais possible d'autoriser, surveiller et sanctionner les fournisseurs opérant au Ghana.

NAVALI représente une avancée significative dans la sensibilisation aux risques liés aux actifs numériques. Le programme vise à enseigner aux citoyens comment fonctionnent ces actifs, quel impact ont leurs fluctuations sur le marché et comment reconnaître des prestataires de services agréés afin d'éviter les escroqueries ciblant les investisseurs locaux.

La croissance rapide des crypto-monnaies appelle à une meilleure sensibilisation des investisseurs

L'urgence d'une éducation efficace se fait sentir alors que l'intérêt pour les actifs numériques explose au Ghana. Environ trois millions de Ghanéens, soit près de 17 % de la population adulte, détiennent ou échangent des cryptomonnaies. Les transactions informelles s’élèvent déjà à plus de 3 milliards de dollars par an, pour beaucoup en dehors du système financier traditionnel.

« Une réglementation et une application efficaces ne peuvent être réalisées par les seuls régulateurs », a déclaré Johnson Asiama, gouverneur de la Banque du Ghana. Il a ajouté que « la compréhension du public des risques liés aux actifs virtuels et leur structure joue un rôle majeur dans la sécurité des investisseurs ». Cette déclaration souligne l'importance croissante d'un public bien informé face aux défis posés par le secteur dynamique des crypto-monnaies.

Le lancement simultané du NAVALI coïncide avec le développement en cours d’une monnaie numérique par la banque centrale : l'e-cedi. Bien que celle-ci demeure une monnaie officielle émise par l'État, il est important de noter que les crypto-monnaies ne bénéficient pas encore du statut légal nécessaire mais peuvent être échangées comme investissements sous certaines conditions définies par la loi 1154.

Une réglementation claire pourrait attirer davantage d'investisseurs étrangers

D'après divers observateurs du secteur financier, on s'attend à ce qu'une réglementation mieux définie tout comme une meilleure connaissance générale incitent davantage partenaires étrangers et développeurs locaux à investir au Ghana. Les autorités affirment qu’un suivi constant ainsi qu’une participation éclairée seront essentiels pour façonner positivement le développement futur du marché ghanéen des actifs numériques.