La Chine suspend les commandes de puces Nvidia H200
Chapô
Pékin a demandé aux entreprises technologiques chinoises de suspendre les commandes de puces Nvidia H200 durant un examen réglementaire. Cette mesure vise à évaluer la nécessité de licences d’exportation pour les puces d'IA, dans le cadre des efforts visant à réduire la dépendance aux technologies américaines. Malgré ces incertitudes, la demande pour le produit reste forte en Chine, selon le PDG de Nvidia.
Pékin examine l’accès et l’exportation des puces Nvidia
Les autorités chinoises analysent actuellement si les puces H200 de Nvidia peuvent être commandées sans restrictions par les entreprises locales. Cette directive de suspension des commandes est appliquée pendant la période d’évaluation, comme l’a rapporté The Information mercredi, se basant sur des sources anonymes proches du dossier. Le gouvernement chinois détermine si le transfert de ces puces hautes performances nécessite une licence d'exportation ou des restrictions conformément aux directives sur la sécurité nationale. Cette initiative fait partie intégrante des efforts continus pour diminuer la dépendance envers les conceptions américaines. Les autorités cherchent également à empêcher le stockage prématuré de cette technologie avant que des politiques définitives ne soient établies. Cet examen n’en est qu’à ses débuts et pourrait ne pas conduire à une enquête formelle. Cependant, cette pause impacte déjà l'accès de Nvidia à son marché chinois majeur, sans annonce finale concernant la disponibilité future du H200.
Nvidia sous pression avec les règles chinoises et américaines
Nvidia subit actuellement une double pression : celle des régulateurs chinois ainsi que celle résultant des contrôles américains sur l’exportation ciblant les semi-conducteurs avancés. En 2023, les États-Unis ont renforcé leurs règles d’exportation concernant ces technologies, restreignant ainsi la vente de processeurs hautes performances vers la Chine. Ces nouvelles restrictions affectent significativement la stratégie produit de Nvidia dans cette région. Lors du CES récent, Jensen Huang, PDG de Nvidia, a affirmé que malgré l'incertitude réglementaire actuelle, « la demande pour le H200 en Chine restait forte ». Il a souligné que les ordres passés témoignent d’un intérêt continu du marché même face au manque de clarté officielle quant aux règlements en vigueur. Un porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington a déclaré : « La Chine s'engage à fonder son développement national sur ses propres forces ». Cela souligne non seulement l’intention chinoise d'avancer indépendamment mais aussi celle de maintenir un dialogue constructif afin d’assurer une stabilité dans les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Licences américaines toujours en attente pour les puces H200
Actuellement, les licences d'exportation américaines nécessaires pour commercialiser le H200 sont encore en attente sans calendrier défini. Sous l'administration précédente américaine, certaines exportations avaient été approuvées sous conditions strictes incluant un partage obligatoire des revenus où Nvidia devrait verser 25 % au gouvernement américain sur ses ventes liées au produit. Cette situation illustre bien comment l’environnement géopolitique complexe influence directement non seulement le secteur technologique mais également celui économique globalement entre deux puissances majeures comme la Chine et les États-Unis.
