Le comité britannique des Lords sur le stablecoin a pris en compte les doutes exprimés durant sa première session
Chapô : La première audience du comité de la Chambre des Lords britannique sur les stablecoins a révélé un scepticisme marqué à l'égard de cette technologie, suscitant des préoccupations sur sa sécurité et sa réglementation. En parallèle, le groupe de défense Stand With Crypto UK a annoncé avoir franchi le cap des 250 000 partisans et se rapproche d'une pétition pour une stratégie pro-innovation qui pourrait être débattue au Parlement. Malgré les critiques, une base soutenue persiste en faveur d'une réglementation favorable aux stablecoins au Royaume-Uni.
Le comité de la Chambre des Lords examine les stablecoins avec scepticisme
La semaine dernière, le comité de réglementation des services financiers de la Chambre des Lords a tenu une audition centrée sur les défis posés par les stablecoins, dans le cadre d'une enquête plus large sur leur croissance et leur régulation. Lors de cette session, deux experts ont témoigné : Chris Giles, commentateur économique au Financial Times, et le professeur Arthur Wilmarth Jr., professeur émérite à l’Université George Washington.
Les discussions ont porté sur plusieurs sujets cruciaux comme la concurrence entre stablecoins et banques, leur utilisation transfrontalière ainsi que leurs risques potentiels liés au financement illicite. Le traitement juridique des stablecoins a également été abordé à travers la loi GENIUS (Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins), promulguée par l’ancien président Donald Trump en juillet.
Des experts s'opposent à la loi GENIUS jugée « désastreuse »
Le professeur Wilmarth n'a pas mâché ses mots concernant la loi GENIUS qu'il considère comme une erreur « terrible » qui permet aux non-banques d'émettre ces actifs numériques. Il a décrit cela comme un cas « d’arbitrage réglementaire », mettant en péril un cadre prudentiel établi depuis longtemps dans le secteur bancaire.
Selon lui : « Je suis convaincu qu’un moyen de paiement tel qu’un stablecoin ne devrait être proposé que par une banque entièrement réglementée ». Il plaide pour un régime plus robuste proposé par la Banque d’Angleterre (BoE).
Les critiques soulignent l'inefficacité et les dangers associés aux stablecoins
Chris Giles partage ce scepticisme envers les stablecoins, affirmant qu'ils sont peu attrayants car ils ne font que faciliter l'accès à la cryptographie plutôt que d'apporter une réelle valeur ajoutée au système financier traditionnel. Selon lui : « Les pièces stables n’ont pas encore pris véritablement pied au Royaume-Uni en raison du manque de fondement juridique clair ».
Il met également en avant que malgré leurs avantages supposés tels qu’une efficacité accrue dans les paiements, elles ne remplaceraient guère le rôle actuel des banques qui offrent déjà des services similaires rapidement et à moindre coût.
Giles insiste aussi sur leur utilisation potentielle par des criminels, plaidant pour imposer davantage d'exigences KYC (connaissance du client) afin de contrer le blanchiment d’argent.
Le soutien pour une réglementation favorable demeure fort malgré les critiques
Malgré ces inquiétudes exprimées lors de l'audience parlementaire difficile pour les partisans des stablecoins, il existe toujours un soutien substantiel au Royaume-Uni pour promouvoir leur réglementation positive. Le groupe Stand With Crypto UK a récemment annoncé avoir dépassé 250 000 supporters enregistrés et près de 70 000 signatures pour sa pétition visant à établir une stratégie pro-innovation autour des blockchain et stablecoins.
Adriana Ennab, directrice du groupe défensif, déclare : « Les Stablecoins n'ont pas été inscrites à l'ordre du jour parlementaire par hasard - elles sont là parce que…des centaines de milliers de personnes y prêtent attention ». Elle souligne aussi que cette pétition représente « une réelle opportunité » pour influencer l'approche gouvernementale envers ces actifs numériques avant la date limite fixée au 3 mars prochain.
Avec ces développements récents autour du débat sur les stablecoins au Royaume-Uni, il semble crucial pour tous ceux intéressés par « l’innovation responsable » d'ajouter leur voix afin façonner efficacement future législation dans ce domaine dynamique mais controversé.
