La Commission européenne vise les failles fiscales liées aux cryptomonnaies et presse 13 États de respecter la MiCA

Points clés à retenir :

  • La Commission européenne prépare une action en justice contre 12 membres de l’UE pour non-respect des réglementations en matière de déclaration fiscale pour les actifs cryptographiques.
  • La Hongrie fera face à des poursuites judiciaires distinctes en raison de réglementations nationales incompatibles en matière de cryptographie avec le cadre MiCA de l'UE.
  • Les 12 États membres peuvent répondre à la CE dans un délai de deux mois avant que de nouvelles mesures coercitives ne soient appliquées.

La Commission européenne intensifie ses efforts pour garantir la conformité fiscale concernant les cryptomonnaies au sein des États membres. Elle a récemment envoyé des lettres d'avertissement à douze pays, leur demandant d'adhérer aux règles fiscales établies par l'Union. Parallèlement, la Hongrie fait face à une procédure d'infraction pour son non-respect du règlement sur les marchés de crypto-actifs (MiCA).

L’UE favorise la transparence fiscale des crypto-monnaies dans tous les États membres

Dans sa quête pour renforcer la transparence, la Commission européenne a notifié douze pays concernant leur inaction vis-à-vis de la directive (UE) 2023/2226. Cette liste inclut : la Belgique, la Bulgarie, la Tchéquie, l’Estonie, la Grèce, l’Espagne, Chypre, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne et le Portugal.

Cette directive vise à moderniser les normes fiscales européennes et impose aux autorités fiscales d'accéder à des données standardisées relatives aux transactions et avoirs en cryptomonnaies au-delà des frontières. Ces pays ont désormais un délai de deux mois pour se conformer et informer officiellement la Commission. À défaut, ils pourraient faire face à un avis motivé, souvent précurseur d'un renvoi devant la Cour de justice européenne.

Le DAC8 intègre la crypto dans les règles de déclaration fiscale

Le nouveau cadre fiscal s’appelle DAC8, qui introduit des obligations supplémentaires pour les prestataires offrant des services liés aux actifs numériques. Désormais, ces plateformes doivent collecter et transmettre leurs données utilisateurs ainsi que celles relatives aux transactions fiscales aux autorités compétentes, tout comme cela se fait déjà pour les comptes bancaires traditionnels.

Cela représente un effort significatif selon Bruxelles afin d'atténuer l'évasion fiscale liée aux actifs numériques. Étant donné que le marché des cryptomonnaies évolue plus rapidement que bon nombre des législations nationales existantes, cette initiative vise à établir une norme uniforme au sein du bloc européen.

La Hongrie signalée pour avoir enfreint les normes MiCA

En parallèle avec ces mesures fiscales, une autre procédure concerne spécifiquement la Hongrie qui est sous enquête suite à son adoption récente de la loi LXVII de 2025. Cette législation modifie le cadre national régissant les services liés aux cryptomonnaies et introduit un régime spécifique autorisant certains services tout en imposant notamment une responsabilité pénale qui n'existe pas dans le règlement MiCA.

Cette situation engendre une instabilité sur le marché puisque plusieurs fournisseurs ont suspendu ou retiré leurs services par crainte d'une réglementation trop rigoureuse et floue juridiquement parlant. Bien que Budapest cherche à améliorer ses contrôles contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ses lois restent insuffisantes comparées aux exigences directes imposées par l'UE.

À présent, il appartient également à la Hongrie de répondre dans un délai similaire afin d'éviter toute escalade judiciaire potentielle si elle ne rectifie pas sa position rapidement.