La Corée du Sud va enfin autoriser les investissements des entreprises dans la cryptographie après neuf ans d'interdiction

Les régulateurs sud-coréens s’apprêtent à lever une interdiction de neuf ans sur les investissements des entreprises en cryptographie, marquant un tournant significatif dans le secteur des actifs numériques du pays. La Commission des services financiers (FSC) permettra aux sociétés cotées et aux investisseurs professionnels d’investir jusqu’à 5 % de leurs capitaux propres dans les 20 principales crypto-monnaies. Les transactions devraient commencer d’ici la fin de 2026 après l’approbation finale.

La Commission des services financiers élabore de nouvelles lignes directrices

La Commission des services financiers de Corée du Sud travaille actuellement sur de nouvelles lignes directrices pour permettre aux sociétés cotées et aux investisseurs professionnels d’investir dans les crypto-monnaies. Selon un rapport publié le 12 janvier par le Séoul Economic Daily, ces directives devraient être finalisées d’ici février. Une fois validées, elles permettront aux entreprises éligibles d’allouer jusqu’à 5 % de leurs fonds propres chaque année dans les 20 principales crypto-monnaies, sélectionnées selon leur capitalisation boursière sur les cinq grandes bourses coréennes.

Un débat persistant autour des pièces stables comme actifs autorisés

Des discussions sont en cours concernant l’inclusion potentielle des pièces stables, comme l’USDT, dans la liste des actifs autorisés par ces nouvelles règles. Cette question reste cruciale pour déterminer comment le cadre réglementaire s’appliquera à différents types d’actifs numériques.

Réactions partagées face à cette évolution réglementaire

Bien que ce changement ait été largement bien accueilli au sein de l’industrie, certains experts expriment des inquiétudes quant au plafond d’investissement fixé à 5 %. Un initié du secteur a déclaré : « Les limites d'investissement, qui n'existent pas à l'étranger, pourraient affaiblir l'afflux de fonds et empêcher l'émergence de sociétés spécialisées dans l'investissement en monnaie virtuelle ». Ces préoccupations soulignent une crainte que la Corée du Sud ne se retrouve désavantagée par rapport à d'autres juridictions telles que les États-Unis, le Japon ou même l’Union européenne où aucune restriction n’existe sur les avoirs cryptographiques.

L’interdiction précédente et son assouplissement progressif

En 2017, la Corée du Sud avait imposé une interdiction stricte sur les investissements cryptographiques des entreprises et sur les offres initiales de pièces (ICO). À cette époque, les régulateurs considéraient ces mouvements comme présentant trop de risques pour la stabilité financière nationale et qualifiaient ces investissements comme étant « spéculatifs non productifs ». Cependant, avec le temps et sous une administration plus favorable menée par le président Lee Jae-myung depuis 2025, il y a eu un mouvement vers une réintégration progressive des actifs numériques au sein du système financier.

Des retards persistants dans l’élaboration réglementaire liée aux actifs numériques

Malgré ces avancées positives vers une réglementation plus ouverte vis-à-vis des crypto-actifs, certaines initiatives ont connu des retards considérables. Par exemple, la loi fondamentale sur les actifs numériques – qui vise à établir un cadre complet pour leur émission ainsi que pour la protection des investisseurs – a été repoussée à 2026. Actuellement se pose aussi la question cruciale concernant la supervision des réserves liées aux pièces stables : elle pourrait être confiée soit au FSC soit à la Banque de Corée. Cette évolution marque donc un moment charnière pour la Corée du Sud, alors qu'elle s'efforce non seulement de moderniser sa législation mais également d'intégrer davantage ses markets traditionnels avec ceux liés aux crypto-monnaies.