La Corée du Sud s'enrichit grâce aux cryptomonnaies, tandis que la Corée du Nord se procure des armes
Les deux Corées illustrent des facettes opposées du monde de la crypto-monnaie, avec un Sud dynamique et engagé, tandis que le Nord opère dans l'ombre pour financer ses activités. En 2022, la Corée du Nord a volé 2,02 milliards de dollars en crypto-monnaies, représentant environ 13,5 % de son PIB estimé entre 15 et 17 milliards de dollars. Pendant ce temps, la Corée du Sud s'affirme comme un marché majeur grâce à l'engagement des jeunes professionnels et à une culture entrepreneuriale croissante.
La crypto comme opportunité pour les jeunes professionnels sud-coréens
En Corée du Sud, la crypto-monnaie est devenue une voie d'évasion pour les jeunes professionnels. John Park, responsable de la fondation Arbitrum en Corée, souligne que l'industrie locale remonte aux années 1990 lorsque le pays a adopté Internet haut débit. Selon lui : « Les gens ont appris à absorber l'information très rapidement... Crypto s'intègre parfaitement dans ce système ». La quête de richesse rapide attire encore plus d’attention sur cette industrie.
Le climat économique difficile et les longues heures de travail rendent la crypto attrayante pour ceux qui cherchent à échapper au train-train quotidien. Lors des élections présidentielles de 2022, Yoon Suk Yeol a remporté le scrutin grâce à ses promesses favorables aux cryptomonnaies, ciblant notamment les électeurs Gen Z et Millennials avec des engagements sur le développement du métavers.
L'effondrement de Terra impacte durablement le marché coréen
Le crash de Terra en 2022 est considéré comme un tournant majeur pour la crypto en Corée du Sud. Son fondateur Do Kwon a été condamné à 15 ans après avoir plaidé coupable aux États-Unis. Avant cet effondrement, Luna était perçue comme un produit phare : « C'était la première fois que les gens considéraient la Corée du Sud comme capable de créer un produit crypto mondial », rappelle Park.
Malgré cette catastrophe qui a provoqué une série de faillites dans le secteur et conduit à l'élaboration d'une loi sur la protection des utilisateurs en matière crypto entrée en vigueur en 2024, l’enthousiasme demeure intact. Des entreprises telles qu’a16z ouvrent désormais leurs bureaux régionaux à Séoul.
Les différences frappantes entre les deux Corées face au monde numérique
La division historique des deux Corées se reflète aussi dans leur approche vis-à-vis des technologies modernes comme la crypto. Après leur séparation suite à la Seconde Guerre mondiale et sans traité officiel mettant fin aux hostilités depuis la guerre de Corée (1950-1953), chaque pays a suivi son propre chemin : alors que le Sud s'est ouvert au commerce mondial, le Nord reste isolé.
Cependant, cette isolation devient cruciale pour Pyongyang qui utilise maintenant les cryptomonnaies pour contourner les sanctions internationales. Heechang Kang indique que « Crypto est une infrastructure pour Corée Nord », permettant ainsi au régime d'effectuer des transactions sans intermédiaires bancaires classiques.
Les techniques audacieuses utilisées par le régime nord-coréen
Kang révèle également comment la Corée du Nord intègre habilement cryptographie et communications sécurisées dans sa stratégie nationale : « Prévenir toute interception est essentiel ». Le pays emploie divers moyens allant jusqu'à infiltrer des entreprises technologiques sous couvert d'employés légitimes payés en cryptomonnaie.
Avec un rapport des Nations Unies affirmant que ses opérations sont liées au financement d'un programme d'armement nucléaire massif via ses hacks évalués cumulativement à $6,75 milliards selon Chainalysis , il est évident que ces activités créent non seulement une menace mais influencent également les discussions réglementaires mondiales sur *la sécurité financière* autour des actifs numériques.
Ironie d'une montée simultanée vers une régulation stricte
L'histoire récente montre comment ces dynamiques opposées façonnent non seulement chaque nation mais également leurs interactions avec *le marché global*. Alors que Pyongyang exploite tous les angles ouverts par manque ou insuffisance réglementaire internationale pour alimenter ses caisses militaires clandestines ; Séoul commence tout juste à faire tomber certaines barrières entravant l'accès institutionnel au secteur crypto local, transformant ainsi son propre écosystème traditionnellement fermé vers quelque chose davantage inclusif vis-à-vis d'investisseurs étrangers.
Cependant malgré ces évolutions rapides dans *l'approche* sud-coréenne face aux exigences AML/CFT (Anti-Money Laundering/Combating the Financing of Terrorism), on ne peut pas nier qu'il existe toujours un risque associé aux acteurs malintentionnés profitant généreusement de failles existantes tant nationalement qu'internationalement...
