La Corée du Sud réajuste ses portefeuilles numériques en pleine controverse autour de Bithumb

La Corée du Sud réorganise son système de portefeuille numérique face aux controverses autour de Bithumb

La Corée du Sud s'apprête à réformer en profondeur son système de portefeuille numérique, facilitant ainsi les paiements en pièces stables. Cette initiative survient alors que des erreurs survenues chez l'échange Bithumb soulèvent des préoccupations réglementaires dans le domaine des monnaies numériques. Le projet de loi, connu sous le nom de Digital Asset Basic Act of Korea (DABA), vise à établir un cadre légal pour les actifs numériques.

Le Digital Asset Basic Act of Korea définit les règles pour les pièces stables

La nouvelle législation DABA a pour objectif d'encadrer l'émission des pièces stables liées au won coréen. Elle obligera également les émetteurs à respecter une réglementation stricte en matière de lutte contre le blanchiment d'argent (AML) et le financement du terrorisme (CFT). Ce cadre juridique viendra compléter la loi VAUPA, offrant une protection accrue aux utilisateurs d'actifs numériques tels que les pièces stables et les jetons non fongibles (NFT).

Les émetteurs devront maintenir un capital minimum de 500 millions de KRW (environ 360 000 $) et se conformer à la distinction entre « actifs numériques généraux » et « actifs liés à des actifs ».

Les entreprises financières sud-coréennes testent l'intégration des stablecoins

Plusieurs entreprises financières explorent déjà des solutions permettant d’intégrer des paiements en stablecoin dans leurs plateformes. Des acteurs comme Naver Pay, Kakao Pay, et Toss travaillent sur cette infrastructure, selon un rapport du Chosun Daily daté du 2 février. De plus, il a été signalé qu'en novembre 2025, certaines grandes institutions financières telles que KB, Shinhan, Hana et Woori Financial renforcent leur présence sur le marché des stablecoins.

Malgré ces avancées prometteuses, certains experts avertissent qu'il subsiste encore « des problèmes clés » qui doivent être résolus avant que ce secteur ne puisse véritablement prospérer.

Le Service de surveillance financière intensifie ses contrôles après l'incident Bithumb

En parallèle au développement du DABA, le Service de surveillance financière (FSS) renforce sa vigilance suite à plusieurs incidents récents impliquant des échanges numériques. Le gouverneur Lee Chan-jin a annoncé une augmentation significative des enquêtes portant sur les pratiques risquées telles que la manipulation coordonnée des prix ou encore l'exploitation abusive lors d'interruptions techniques appelées « gating ».

Ce durcissement fait suite à une erreur commise par Bithumb le 8 février dernier où près de 99,7 % du Bitcoin excédentaire attribué par erreur aux utilisateurs a été récupéré rapidement. Bien que Bithumb ait affirmé n'avoir compromis aucun actif client durant cet incident, cela a eu pour effet d'induire des fluctuations importantes sur le marché.

Un regard vers l'avenir : La transformation numérique continue en Corée du Sud

La Corée du Sud est reconnue comme un leader asiatique dans la transformation numérique et particulièrement dans le secteur émergent des actifs numériques. Au début de cette année, elle a commencé à adopter divers règlements afin d'établir un cadre légal solide pour réguler ces nouvelles technologies.

Google Play a récemment annoncé qu’à partir du 28 janvier prochain, il interdirait toutes applications étrangères non enregistrées liées aux échanges ou portefeuilles cryptographiques. Par ailleurs, la Commission des services financiers (FSC) propose également une levée partielle sur l’interdiction faite aux entreprises d’investir dans ces actifs numériques afin qu'elles puissent allouer jusqu'à 5 % de leurs capitaux propres vers ces investissements.

Ces mesures témoignent clairement d'une volonté politique forte visant non seulement à encadrer mais aussi à stimuler l’économie numérique dynamique qui caractérise actuellement la Corée du Sud.