La Corée du Sud retarde les régulations sur le Stablecoin jusqu'en 2026 : les États-Unis seront-ils en position de force ?
Chapô : La récente évolution du marché des cryptomonnaies aux États-Unis et en Corée du Sud suscite de vives inquiétudes. Alors que la loi GENIUS Act promet d'apporter une clarté réglementaire pour les stablecoins, la Corée du Sud peine à établir sa propre législation sur ces actifs. Cette situation pourrait favoriser l'essor des stablecoins américains au détriment de l'économie locale.
Les États-Unis adoptent le GENIUS Act pour réguler les cryptomonnaies
Les États-Unis ont récemment validé la cryptographie avec le passage de la loi GENIUS Act, attirant l'attention sur les ETF Spot Bitcoin et Ethereum. Ce cadre juridique a permis aux grandes entreprises d'investir massivement dans le secteur, transformant ainsi le paysage de la cryptomonnaie.
Ce développement a des implications majeures pour les marchés mondiaux, mais également pour des pays comme la Corée du Sud, qui ont adopté une approche plus prudente vis-à-vis des cryptos.
La Corée du Sud face à un blocage réglementaire sur les stablecoins
Malgré un intérêt croissant pour les stablecoins, la Corée du Sud rencontre des difficultés dans l'élaboration de lois adaptées. Les régulateurs coréens n'ont pas réussi à s'accorder sur qui devrait être responsable de l'émission des stablecoins adossés au won, entraînant un blocage législatif.
Chaque année, les utilisateurs coréens transfèrent des dizaines de milliards de dollars via des rails cryptographiques. Selon Chainalysis, ces achats basés sur le won ont atteint environ 64 milliards de dollars jusqu'en juin 2025.
La Banque de Corée (BoK) exprime ses craintes quant au potentiel impact négatif d'une monnaie numérique privée sur les flux financiers et le contrôle monétaire. Ainsi, elle souhaite que seuls les groupes bancaires émettent ces actifs numériques afin d'éviter toute panique bancaire future.
Des divergences entre banques et fintechs entravent l'avancée réglementaire
Le désaccord entre la Banque de Corée et la Commission des services financiers (FSC) complique encore davantage cette situation. Tandis que la BoK insiste pour que seuls les établissements bancaires aient ce pouvoir d’émission, craignant un manque de contrôle si d'autres acteurs interviennent, la FSC plaide en faveur d'un modèle plus flexible permettant aux entreprises fintechs d'émettre leurs propres stablecoins sous certaines conditions.
Cette impasse politique pourrait avoir un effet néfaste : si seules les banques dominent ce marché naissant, cela risquerait non seulement de ralentir son développement mais aussi réduire significativement la concurrence.
Cependant, il est prévu qu'une résolution soit atteinte au cours du premier trimestre 2026 concernant cette réglementation cruciale.
L'impact global du retard coréen sur le marché local
Alors que se dessine cet embouteillage règlementaire en Corée du Sud, le dollar américain continue à renforcer sa position dominante grâce à son adoption internationale rapide par divers acteurs économiques. Le passage rapide à une réglementation claire aux États-Unis permet déjà aux émetteurs comme Circle (pour l’USDC) ou Tether (pour l’USDT) d’accroître leur part de marché sans contrainte majeure.
En conséquence, alors que certains projets locaux attendent avec impatience une clarification juridique avant leur lancement, notamment ceux portés par Toss ou diverses banques, ils pourraient devoir faire face à une concurrence accrue venue directement des États-Unis si aucune solution rapide n'est trouvée en Corée.
Le temps presse et chaque jour sans avancées législatives risque davantage d'affaiblir le won face aux stablecoins étrangers tout en freinant l’innovation locale dans un domaine pourtant plein de promesses économiques.
