La crypto critique la modification des stablecoins dans le projet de loi sénatorial sur l'organisation du marché

Chapô : Un projet de loi historique sur la cryptographie déposé par des sénateurs américains interdit aux émetteurs de stablecoins d'offrir un rendement passif. Cette législation vise à clarifier le statut réglementaire des crypto-monnaies tout en protégeant les développeurs de logiciels. La commission sénatoriale votera sur le texte jeudi, avec des implications majeures pour l'industrie.

Le Clarity Act impose des obligations réglementaires aux actifs auxiliaires

La dernière version du Clarity Act, projet de loi proposé par les sénateurs américains, introduit une réglementation stricte concernant les actifs auxiliaires, c'est-à-dire ceux dont la valeur dépend directement des efforts de leurs émetteurs. Selon cette loi, la Securities and Exchange Commission (SEC) serait chargée d'évaluer si un jeton répond à cette définition, tandis que la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) régulerait le reste des actifs cryptographiques.

Justin Slaughter, vice-président des affaires réglementaires chez Paradigm, a déclaré : « Cela va être un problème pour de nombreux projets ». Il met en lumière le pouvoir croissant que pourrait avoir la SEC sur quasiment tous les jetons et souligne que cela pourrait compliquer leur développement.

Les entités qui émettent ces actifs auxiliaires devront fournir une multitude d'informations détaillées sur leur projet, y compris leur tokenomics et leurs finances. Cependant, des exceptions existent ; les projets suffisamment décentralisés ou levant moins de 5 millions de dollars pourraient éviter ces exigences lourdes.

Le projet interdit les rendements passifs pour les stablecoins

Un aspect controversé du Clarity Act est son interdiction explicite pour les émetteurs de stablecoins d'offrir tout type de rendement passif. Les défenseurs du secteur critiquent ce passage en affirmant qu'il favorise indûment les banques traditionnelles au détriment d'un marché innovant.

Dan Spuller, vice-président exécutif de la Blockchain Association, a exprimé sa préoccupation sur X : « Si le Congrès affaiblit les pièces stables basées sur le dollar en interdisant les récompenses pour protéger les revenus hérités... » Ce point indique bien l'anxiété croissante face à une concurrence accrue entre monnaies numériques et stablecoins traditionnels.

Patrick Witt, responsable à la Maison Blanche, a également évoqué cette dynamique : « Chères banques, c’est peut-être le bon moment pour vous d’accepter l’accord proposé… » Ces échanges montrent comment différentes parties prenantes cherchent à influencer l'issue législative.

Des protections importantes sont ajoutées pour DeFi

Le projet inclut également une disposition visant à protéger certains développeurs dans l'espace DeFi contre d’éventuelles poursuites liées aux lois sur le transfert d’argent. Des cas récents tels que celui du co-fondateur de Tornado Cash, Roman Storm, reconnu coupable après un procès, soulignent l'incertitude juridique qui pèse actuellement sur ce secteur.

Les partisans soulignent que ces protocoles n’ont jamais pris possession des fonds utilisateurs et défendent donc leur légitimité face aux accusations portées par certains procureurs. Malgré cela, certaines interfaces centralisées qui facilitent l'accès aux protocoles doivent se conformer à diverses exigences destinées à lutter contre la cybercriminalité et surveiller activement leurs transactions.

Witt a aussi noté qu’« il y a plusieurs bonbons » associés aux compromis nécessaires dans ce type de régulation complexe : chaque partie doit trouver un équilibre entre innovation et sécurité.

L'avenir du Clarity Act semble incertain alors qu'il attend encore un vote crucial jeudi prochain au sein de la commission sénatoriale des banques. Les discussions autour du potentiel impact réglementaire continuent ainsi d’alimenter débats parmi acteurs financiers et développeurs technologiques.