Les déclarations de Waymo concernant la « conduite autonome » sont controversées à Capitol Hill
Chapô : Waymo a révélé devant le Sénat que des opérateurs humains basés à l'étranger assistent ses véhicules autonomes dans des situations complexes, mais ne les contrôlent pas directement. Cette pratique soulève d'importantes questions de sécurité et de responsabilité, notamment en matière de cybersécurité. Les législateurs s'interrogent sur la transparence de cette assistance alors que le Congrès envisage un cadre national pour les véhicules autonomes.
Waymo admet l'assistance humaine à distance pour ses véhicules
Lors d'une audience au Comité sénatorial américain du commerce, de la science et des transports, Mauricio Peña, responsable sécurité chez Waymo, a confirmé que l’entreprise utilise des opérateurs humains à distance pour aider ses voitures autonomes lorsqu'elles rencontrent des scénarios qu’elles ne peuvent pas gérer seules. Peña a précisé : « Ils fournissent des conseils, ils ne conduisent pas les véhicules à distance ».
Cette déclaration remet en question l'idée que les véhicules Waymo fonctionnent totalement sans conducteur humain. Le sénateur Ed Markey (Démocrate, Mass.) a exprimé ses préoccupations quant aux implications sécuritaires liées à cette assistance étrangère.
Le rôle controversé des opérateurs étrangers dans la conduite autonome
Le sénateur Markey a soulevé un point critique : tous les opérateurs distants sont-ils situés aux États-Unis ? La réponse négative de Peña, qui a identifié ces opérateurs comme étant basés aux Philippines, intensifie les inquiétudes sur la cybersécurité et la responsabilité associée à cette pratique. Markey a déclaré : « Le fait que des personnes à l’étranger influencent les véhicules américains est un problème de sécurité ».
Les législateurs ont également critiqué Waymo pour avoir externalisé ce qu'ils considèrent comme une tâche essentielle dans un système de plus en plus automatisé.
Un cadre national pour réguler les véhicules autonomes est envisagé
L'audience se déroule dans le contexte où le Congrès examine si un cadre national pour réguler les véhicules autonomes doit être inclus dans une future législation sur le transport. Pendant ce temps, Waymo vient d'annoncer une levée de fonds record de 16 milliards de dollars, portant sa valorisation totale à 126 milliards dollars.
Dans une interview avec Decrypt, Waymo a insisté sur le fait que leurs opérateurs distants n’agissent pas comme conducteurs au sens traditionnel du terme. Un porte-parole a affirmé : « Leur rôle n'est pas de conduire le véhicule à distance », ajoutant que ces agents répondent simplement aux questions posées par le véhicule.
L'impact potentiel sur la sécurité routière selon les experts
Des chercheurs tels que Philip Koopman et William Riggs remettent en question cette dynamique d'assistance humaine distante. Koopman note qu'il existe déjà eu des cas où l’assistance éloignée avait conduit à des erreurs lors d’accidents passés. Il déclare : « Même si Waymo affirme que ces assistants à distance ne dirigent ni ne freinent réellement, leur aide peut contribuer considérablement à un accident ».
Riggs souligne quant à lui qu'il est essentiel de distinguer entre « assistance humaine à distance » et « conduite à distance ». Selon lui, cela pourrait clarifier comment ces systèmes sont conçus et réglementés aujourd’hui.
Une pression croissante sur Waymo face aux interrogations gouvernementales
Alors même que certains États américains mettent en place leurs propres réglementations concernant les véhicules autonomes, il semble impératif pour le Congrès d'établir une loi fédérale qui encadre cette technologie émergente. Avec cet appel accru vers plus de transparence et davantage d'exigences règlementaires envers entreprises telles que Tesla, qui ont également témoigné lors de cette audience au Sénat, il reste encore beaucoup d'incertitudes autour du futur paysage légal concernant la conduite autonome.
Notez bien: Cet article met en lumière comment l'intégration humaine dans la conduite autonome suscite débats et préoccupations parmi ceux qui supervisent son évolution technologique.
