Le directeur du Crypto Council à la Maison Blanche affirme que fonctionner sans les règles du marché est « incroyable »
Chapô : Le directeur du conseil cryptographique de la Maison Blanche met en garde contre les conséquences d’un rejet de la législation sur la structure du marché, qui pourrait rendre la réglementation future plus sévère. Coinbase manifeste son opposition à la loi CLARITY, soulevant des tensions au sein de l'industrie crypto. Les critiques s’inquiètent des ambiguïtés concernant le traitement des rendements et récompenses liés aux pièces stables.
Le directeur du conseil cryptographique avertit sur les implications d'un rejet législatif
Patrick Witt, directeur exécutif du Conseil présidentiel des conseillers sur les actifs numériques, a exprimé ses préoccupations suite à la décision récente de Coinbase de retirer son soutien au projet de loi CLARITY. Selon lui, « aucun projet de loi ne vaut mieux qu’un mauvais projet de loi », faisant écho aux craintes que ce retrait puisse inciter une réglementation plus stricte dans un futur Congrès dominé par les démocrates.
Le 14 janvier, Brian Armstrong, PDG de Coinbase, a annoncé ce retrait face à plusieurs inquiétudes concernant certaines dispositions relatives aux récompenses stables et à la portée réglementaire. Witt a averti que refuser ces règles imparfaites pourrait aboutir à une réglementation punitive après une crise financière similaire à celle ayant mené aux réformes Dodd-Frank.
Les controverses autour des définitions vagues dans le projet de loi
Les acteurs du secteur soulignent que le flou entourant le traitement des différentes formes de rendement dans le cadre du projet suscite des inquiétudes majeures. Jakob Kronbichler, PDG de Clearpool, a déclaré : « Les principaux changements rendent difficile la distinction entre les intérêts payés par l’émetteur et les récompenses basées sur l’activité ». Cette incertitude pourrait nuire aux plateformes offrant des modèles conformes ainsi qu'aux institutions dépendantes d’une liquidité en chaîne fiable.
Kronbichler souligne également que « s’enfermer dans des définitions restrictives crée désormais des défauts structurels permanents », rendant toute modification ultérieure bien plus complexe à réaliser.
La pression croissante sur les régulateurs américains
Le Bureau de l’Inspecteur général a signalé que l’adoption potentielle du projet exercerait une pression considérable sur la CFTC (Commission américaine des échanges), principale agence chargée d’encadrer les marchés au comptant cryptographiques. Chris Loeffler, PDG d'une plateforme cotée au Nasdaq spécialisée dans les actifs numériques, a insisté sur le fait que « les régulateurs doivent se concentrer sur la vitrine plutôt que sur le code ».
Loeffler prédit un avenir où il y aura probablement « un enregistrement clair avec strictes applications anti-fraude » plutôt qu’une tentative infructueuse pour réglementer directement tous les logiciels open source disponibles.
Un compromis encore incertain mais inévitable selon Patrick Witt
Alors que plusieurs voix s’élèvent autour du contenu exact du projet et sont préoccupées par sa mise en œuvre pratique, Patrick Witt demeure optimiste quant à l'avenir législatif. Il affirme : « Il y aura un projet de loi sur la structure du marché crypto – quand il sera adopté reste néanmoins incertain ».
Il conclut en rappelant que penser qu'une industrie valant plusieurs milliards continuera sans cadre réglementaire est irréaliste.
Cette situation met en lumière non seulement les défis actuels auxquels fait face l’industrie cryptographique mais aussi l'urgence pour elle d'établir un cadre légal clair afin d'éviter une régulation trop contraignante qui pourrait freiner son développement futur.
