L'écosystème crypto en Iran atteint 7,8 milliards de dollars malgré une grave crise économique

L'écosystème des crypto-monnaies en Iran atteint 7,8 milliards de dollars malgré la crise économique

En 2025, l'écosystème des actifs numériques iraniens a franchi le cap des 7,78 milliards de dollars, marquant une croissance rapide en pleine crise économique. Selon un rapport de Chainalysis publié le 15 janvier, cette explosion d'activité est liée à divers événements nationaux et géopolitiques. Le régime iranien, soumis à des pressions internes et externes croissantes, voit les crypto-monnaies comme une alternative financière essentielle pour ses citoyens.

La montée fulgurante des actifs numériques en Iran

D'après le rapport de Chainalysis, l'Iran a enregistré des pics significatifs dans l'activité des actifs numériques durant les deux dernières années. Ces hausses coïncident avec plusieurs événements marquants tels que les attentats à Kerman en janvier 2024, les frappes de missiles contre Israël en octobre 2024, et la guerre entre l'Iran et Israël qui a duré douze jours en juin 2025.

Chainalysis souligne : « Dans le contexte d'un régime iranien de plus en plus assiégé... la crypto-monnaie est devenue une alternative financière essentielle pour de nombreux Iraniens ». La nécessité d'échapper aux sanctions internationales ainsi qu'à un système économique défaillant accentue cette tendance.

Les impacts dévastateurs des sanctions sur l'économie iranienne

L'Iran fait face à diverses sanctions internationales depuis 1979, notamment renforcées entre 2006 et 2010 pour non-respect des normes nucléaires. Les restrictions se sont intensifiées sous la présidence de Donald Trump lorsqu'il a relancé la campagne de « pression maximale », entraînant une inflation alarmante oscillant entre 40 % et 50 %.

Ces mesures ont eu un effet désastreux sur l'économie du pays, provoquant une aggravation du niveau de vie et déclenchant même des manifestations violentes débutant le 28 décembre 2025, qui ont causé plus de 2000 morts selon certains rapports.

Chainalysis observe que lors de ces manifestations : « Au cours des récentes manifestations... les Iraniens ont considérablement augmenté les retraits de Bitcoin vers leurs portefeuilles personnels ». Ce comportement traduit une quête désespérée pour fuir un environnement monétaire instable.

Le Corps des Gardiens révolutionnaires utilise aussi la cryptographie

Le rapport met également en lumière comment le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) utilise activement les actifs numériques pour financer ses opérations tant nationales qu'internationales. En effet, au quatrième trimestre 2025, plus de 50 % des valeurs totales reçues par les adresses liées au CGRI provenaient d'actifs numériques.

Il est noté que ce phénomène ne concerne pas uniquement la population civile : « Notamment, ce ne sont pas seulement les Iraniens ordinaires qui se sont tournés vers la cryptographie ». Un exemple flagrant fut évoqué lorsque le Washington Post révèle que le CGRI aurait transféré environ un milliard de dollars via deux échanges enregistrés au Royaume-Uni depuis 2023, contournant ainsi les sanctions imposées.

Une réponse rationnelle aux crises économiques et politiques

La volatilité économique croissante associée à l'opprobre international envers le régime iranien indique que l'usage accru d'actifs numériques devrait perdurer. Chainalysis conclut son analyse par cette observation : « La corrélation entre les événements politiques majeurs et les pics d'activité... souligne comment l'analyse blockchain peut fournir...des informations uniques ».

Malgré quelques ouvertures diplomatiques récentes aux États-Unis sous Trump, peu changent pour ceux vivant sous un régime qu'ils perçoivent comme oppressif. Ainsi, il semble probable que cet écosystème numérique continue sa trajectoire ascendante dans un avenir proche alors que nombre d'Iraniens cherchent désespérément leur souveraineté financière face à un état affaibli par ses propres crises internes.