« Enquête du Parlement britannique sur les stablecoins : nouvelles réglementations examinées »

Chapô : Le parlement britannique a ouvert une enquête sur les stablecoins pour analyser leur croissance et l'efficacité du cadre réglementaire proposé. Le Comité de réglementation des services financiers (FSRC) souhaite collecter des preuves jusqu'au 11 mars 2026, en vue de finaliser des règles d'ici la fin de l'année. Cette initiative vise à évaluer les risques économiques et le potentiel concurrentiel des pièces stables soutenues par la livre sterling.

La réglementation britannique sur les stablecoins proposée

Le Comité de réglementation des services financiers (FSRC), dirigé par Sheila Valerie Noakes, baronne Noakes DBE, a demandé aux acteurs du secteur de fournir des preuves concernant les projections de croissance et d'adoption des stablecoins jusqu'au 11 mars 2026. Cette démarche s'inscrit dans un effort plus large pour établir un cadre réglementaire abouti d'ici la fin de cette année.

En décembre 2025, la Banque d'Angleterre (BoE) a publié un projet qui stipule que les actifs réservés par les émetteurs devront suivre une formule 60/40. Concrètement, cela signifie que 60 % des actifs peuvent être investis dans des obligations à court terme émises par le gouvernement britannique pour générer des intérêts, tandis que 40 % doivent être déposés auprès de la BoE sans rapporter d'intérêts. De plus, ces règlements imposent un plafond maximum de 20 000 £ par individu et 10 millions £ par entreprise afin d'atténuer certains risques liés à la stabilité financière.

Ces plafonds ont été mis en place en réponse aux préoccupations exprimées par certaines banques américaines qui craignent qu'un transfert massif vers les stablecoins n'affecte leur capacité à accorder du crédit.

Critiques des règles proposées

Les propositions faites par le FSRC n'ont pas échappé aux critiques. Stani Kulechov, fondateur de la plateforme DeFi Aave, a exprimé son désaccord en affirmant que ces limites nuiraient à la compétitivité des stablecoins basés sur la livre sterling (GBP).

L'incertitude demeure quant à savoir si les acteurs majeurs du marché feront pression pour modifier ces propositions. Certains spécialistes suggèrent qu'il serait judicieux d'ajuster ces régulations afin qu'elles soient davantage alignées avec celles déjà établies aux États-Unis. Contrairement au projet britannique actuel qui impose un plafond sur les avoirs utilisateurs, les règles américaines ne présentent pas ce type de restriction et permettent également aux émetteurs d'accumuler des intérêts sur leurs réserves.

Un défi majeur reste celui d'équilibrer le risque potentiel où une fuite massive vers ces devises pourrait affecter le système bancaire tout en maintenant une compétitivité suffisante pour le stablecoin adossé à la livre sterling.

Actuellement, selon nos sources, l'offre globale basée sur la livre sterling est relativement faible : elle se classe au 10e rang, représentant seulement 261 000 $ comparée au total global estimé à 306 milliards $, soit moins de 1 % du marché total dominé largement par le dollar américain avec une part écrasante de près de 99 %, suivi loin derrière par l'euro.

Pensées finales

Le parlement britannique engage donc une enquête approfondie destinée à mieux comprendre comment encadrer efficacement le développement rapide du secteur des stablecoins tout en prenant en compte ses impacts potentiels sur l'économie locale. Ce processus fait partie intégrante d'une initiative gouvernementale visant à finaliser rapidement un ensemble cohérent et efficace de règles avant la fin de cette année.