Les États-Unis ont condamné un citoyen chinois pour son implication dans un important cas de blanchiment d'argent crypto de 36 millions
Chapô : Jingliang Su, un citoyen chinois, a été condamné à près de quatre ans de prison pour blanchiment d’argent dans une affaire impliquant 174 victimes américaines. Il devra indemniser les victimes à hauteur de 26,8 millions de dollars après avoir fraudé des fonds via des sociétés écrans. Les autorités américaines intensifient leurs efforts pour lutter contre la criminalité liée aux cryptomonnaies.
Une escroquerie touchant 174 Américains
Le tribunal américain a rendu son verdict dans le cas de Jingliang Su, qui a plaidé coupable à une accusation unique de complot et risque 46 mois d’emprisonnement. L’accusé est également contraint d’indemniser les victimes à hauteur de 26,8 millions de dollars après avoir orchestré une fraude sophistiquée.
D’après les documents judiciaires, Su et ses co-conspirateurs ont ciblé 174 Américains, en utilisant des sociétés écrans pour blanchir l’argent. L'escroquerie a débuté par des messages non sollicités sur les réseaux sociaux, permettant aux fraudeurs d’instaurer un climat de confiance avec leurs victimes.
Les escrocs ont mis en place un modèle classique appelé « abattage de porcs », où ils créaient des sites Web fictifs et proposaient des programmes d’investissement dans des actifs numériques. Ces plateformes imitaient souvent des entreprises légitimes afin d’induire les victimes en erreur.
Comment les fonds étaient blanchis vers le Cambodge
Les fraudeurs faisaient croire aux victimes qu'elles gagnaient de l'argent sur leurs investissements, alors qu'en réalité aucun bénéfice n’existait. Le ministère américain de la Justice (DOJ) précise que les fonds étaient convertis en Tether avant d’être transférés vers un portefeuille crypto contrôlé au Cambodge.
« Plus de 36,9 millions de dollars provenant des comptes bancaires américains sous contrôle des co-conspirateurs ont été transférés vers un compte unique à la Deltec Bank aux Bahamas. Su et ses complices ont demandé à cette banque de convertir ces fonds en stablecoin Tether (USDT) et ensuite transférer ces actifs numériques vers un portefeuille au Cambodge », explique le DOJ.
Efforts accrus pour récupérer les fonds volés
À ce jour, huit conspirateurs ont reconnu leur culpabilité alors que les autorités cherchent activement à récupérer l’argent détourné auprès des victimes. A. Tysen Duva, procureur général adjoint du DOJ, souligne que « certains acteurs malveillants trouvent des moyens innovants pour exploiter Internet » et insiste sur la nécessité pour les autorités d’évoluer afin de combattre ces réseaux criminels opérant via les réseaux sociaux.
L’an dernier, plusieurs experts en sécurité blockchain avaient déjà recommandé une éducation plus large du public pour contrer ce type d’escroqueries liées aux cryptomonnaies. Malgré cela, il est estimé que ces fraudes ont engendré plus de 17 milliards de dollars en pertes financières globales durant la même période.
Régulations futures sur l'utilisation des stablecoins
La montée des escroqueries associées aux cryptomonnaies conduit également à un examen approfondi du rôle joué par les stablecoins dans ces activités illégales. Des analystes suggèrent que l’introduction éventuelle de nouvelles lois pourrait restreindre l’utilisation abusive tant par rapport aux pièces stables qu’aux échanges centralisés.
Un rapport récent élaboré par Chainalysis met également en lumière une diminution notable dans l’usage d'échanges centralisés destinés au blanchiment d'argent grâce à l'instauration stricte du processus KYC (Know Your Customer).
Ces mesures visent non seulement à protéger le public mais aussi à restaurer la confiance envers le secteur émergent mais problématique des cryptomonnaies.
