La fin du Bitcoin et l'émergence de la monnaie thermodynamique

Chapô : Le Bitcoin, actuellement évalué à 63 000 $, suscite des interrogations sur sa viabilité future. Une analyse approfondie révèle non seulement un effondrement structurel de sa vitesse, mais aussi une comparaison défavorable avec les stablecoins et d'autres systèmes économiques. La transition vers des pièces stables adossées au carbone pourrait représenter l'avenir de la monnaie dans un monde en mutation.

La vitesse du Bitcoin atteint son plus bas niveau historique

Le Bitcoin a connu une chute significative de sa vitesse, atteignant son niveau le plus bas depuis dix ans. Cette situation est alarmante car elle est même pire que celle observée lors de l'hyperinflation du bolivar vénézuélien. Actuellement, les stablecoins traitent environ 225 milliards de dollars par jour, tandis que le volume de transactions en Bitcoin ne s'élève qu'à 7,8 milliards de dollars. Cela indique clairement que la « guerre des paiements » semble désormais terminée.

Les revenus des mineurs réduits par la réduction de moitié prévue pour 2024

La prochaine réduction de moitié programmée pour 2024 va réduire les revenus des mineurs par deux. Pour maintenir la sécurité actuelle uniquement grâce aux volumes transactionnels actuels, il serait nécessaire que les frais dépassent 100 $ par transaction. Cela remet sérieusement en question l'éventualité d'une adoption massive du Bitcoin à long terme.

L'inefficacité énergétique du Bitcoin comparée à celle de Visa

Le réseau Bitcoin consomme annuellement 150 TWh pour traiter seulement sept transactions par seconde. En revanche, Visa peut gérer jusqu'à 24 000 transactions par seconde tout en utilisant une fraction moindre d'énergie. Chaque transaction effectuée sur le réseau Bitcoin nécessite autant d'énergie qu'un ménage américain consomme pendant près de 50 jours, sans aucun gain notable en productivité hormis la sécurité offerte par son grand livre.

Une solution émergente : Les pièces stables adossées au carbone

Face à ces défis majeurs, une alternative se dessine : les pièces stables soutenues par des contrats à terme sur le Direct Air Capture (DAC). Ce modèle repose sur une architecture simple où 85 % sont investis dans des bons du Trésor américain pour garantir la stabilité, et les 15 % restants dans des contrats DAC qui permettent d'éliminer le CO₂ atmosphérique.

Les prix actuels des contrats DAC tournent autour de 400 $/tonne, avec une prévision baissière entre 150 $ et 250 $/tonne d'ici 2027, ce qui offrirait un rendement potentiel significatif lié à la restauration atmosphérique plutôt qu'à la spéculation financière.

Une demande croissante pour les solutions durables dans divers secteurs

La demande pour ces nouvelles solutions financières se renforce déjà. Par exemple, le mécanisme CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism) mis en place par l'Union Européenne entraînera des coûts estimés entre 50 et 70 milliards d'euros dès octobre 2026. De plus, aux États-Unis, le crédit d'impôt prévu sous le programme 45Q pourrait rapporter jusqu'à 180 $/tonne.

Des entreprises telles que Microsoft prévoient un besoin colossal pouvant atteindre 1 million de tonnes/an d'ici 2030 et l'industrie aéronautique anticipe également un besoin similaire avec 200 millions de tonnes/an visées pour 2050. Des projets concrets sont déjà opérationnels comme Climeworks qui élimine 36 000 tonnes/an ou encore Heirloom qui vise un coût réduit à 100 $/tonne avant 2030.

L'analyse démontre que là où Bitcoin transforme l'électricité en chaleur perdue, ces nouvelles monnaies pourraient transformer cette même électricité en élimination permanente du carbone tout en maintenant leur stabilité économique.

Il est essentiel maintenant d'explorer comment notre conception même de l'argent doit évoluer face aux nouveaux défis environnementaux et économiques posés dans ce contexte moderne appelé Anthropocène.