C'est pourquoi les frais des validateurs de cryptomonnaies en Hongrie sont ridicules
Chapô :
La Hongrie a récemment intensifié son contrôle sur le secteur des cryptomonnaies, suscitant de vives critiques. La Szabályozott Tevékenységek Felügyeleti Hatósága (SZTFH) a mis en place une réglementation stricte, y compris l'interdiction de Polymarket, tout en imposant des frais élevés pour la validation des transactions. Ce contexte soulève des questions sur l'efficacité et la compétitivité du modèle hongrois face aux standards internationaux.
Le SZTFH renforce ses contrôles sur les cryptomonnaies
La Szabályozott Tevékenységek Felügyeleti Hatósága (SZTFH) est au cœur des discussions concernant la régulation des services liés aux actifs numériques en Hongrie. Récemment, elle a interdit Polymarket, justifiant sa décision par le fait que cette plateforme propose des services de type jeu d'argent sans autorisation adéquate.
Cette autorité a également établi un cadre réglementaire pour valider les transactions en cryptomonnaie. En décembre, elle a approuvé la société Caduceus Zrt., liée à Roger Antal selon certaines rumeurs locales, pour superviser ces échanges.
Caduceus impose des frais élevés pour la validation des transactions
Caduceus facture 5000 forints plus TVA par transaction validée, quel que soit le montant échangé, qu'il s'agisse d'une somme modeste ou d'un million de forints. Cette approche tarifaire suscite l'étonnement car « il est ridicule que Caduceus exige autant alors que les systèmes internationaux effectuent ce travail pour quelques centimes ».
Les transactions sont donc soumises à un coût fixe qui ne tient pas compte du volume échangé, contrairement aux pratiques sur le marché international où les coûts sont souvent proportionnels au montant traité.
Comparaison avec le marché international et ses méthodes efficaces
Sur le marché international, les solutions fintech adoptent un modèle basé sur l'abonnement mensuel ou annuel. Ces modèles incluent généralement un suivi continu et une vérification KYC (Know Your Customer) efficace, permettant ainsi une conformité rapide et moins coûteuse.
Des entreprises comme Chainalysis et TRM Labs ont développé leurs services autour de ces principes; elles offrent une surveillance constante à faible coût qui répond aux exigences réglementaires croissantes.
Les lacunes du système hongrois face aux normes internationales
Le système mis en place par Caduceus présente plusieurs faiblesses notables : il manque d'une surveillance continue et efficace comparativement à ce qui se pratique ailleurs dans le monde. Cela devient problématique surtout avec l'adoption imminente du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), qui impose déjà un cadre strict d'audit et de vérification.
Alors qu’un utilisateur pourrait attendre une réponse rapide à une transaction suspecte sous MiCA, il pourrait se heurter ici à un délai prolongé avant qu'un problème ne soit détecté par Caduceus.
L'entreprise affirme cependant que « la validation de la surveillance des transactions est améliorée grâce à un audit rigoureux », selon son dirigeant Kollár József.
Conséquences politiques et perspectives d'avenir
Face aux critiques croissantes concernant son modèle économique non compétitif, l'UE envisage déjà d'engager une procédure contre la Hongrie notamment en raison de sa réglementation restrictive envers les entreprises crypto. Avec environ 600 000 utilisateurs de cryptomonnaies dans le pays espérant une évolution positive après les élections prochaines, beaucoup craignent que cette instabilité n'entraîne encore davantage de fuites vers des marchés plus favorables.
