La Hongrie et le Portugal choisissent de restreindre l'accès aux polymarchés
Chapô : La Hongrie et le Portugal restreignent l'accès à Polymarket, une plateforme de marché de prédiction basée sur la cryptographie. Ces mesures s'inscrivent dans un contexte de pression réglementaire croissante en Europe, où plusieurs pays ont déjà bloqué ou limité l'accès à la plateforme pour des raisons liées au jeu. Les régulateurs soulignent que ces actions visent à protéger les utilisateurs des activités non conformes.
La Hongrie bloque temporairement Polymarket pour activités illégales
L'Autorité hongroise de régulation, Szabályozott Tevékenységek Felügyeleti Hatósága, a décidé de bloquer temporairement l'accès au domaine et aux sous-domaines de Polymarket, citant « l'organisation interdite d'activités de jeu ». Cette restriction sera maintenue jusqu'à la fin d'un examen par les autorités. De nombreux utilisateurs ont signalé qu'ils ne pouvaient plus accéder à la plateforme depuis leur adresse IP hongroise, recevant un message d'avertissement du régulateur.
Le Portugal ordonne également la cessation des activités de Polymarket
Au Portugal, le Service de réglementation et d'inspection des jeux (SRIJ) a également demandé à Polymarket d'arrêter ses opérations dans le pays. Cependant, selon un rapport du média local Rádio Renascença, la plateforme était encore accessible pour certains utilisateurs lundi, indiquant que l'application des restrictions est toujours en cours.
L'Ukraine impose également un blocage sur Polymarket
D'autres pays européens tels que la France, la Belgique, la Pologne, Singapour et la Suisse ont également pris des mesures similaires contre cette plateforme.
En France, l'Autorité nationale des jeux a prévu en novembre 2024 de bloquer Polymarket pour non-respect des lois nationales sur les jeux. La Suisse a suivi avec une interdiction similaire peu après. En Pologne, Polymarket a été ajouté au registre des sites interdits le 8 janvier 2025.
Polymarket confronté à une attention accrue concernant le délit d'initié
La décision réglementaire hongroise fait suite à une surveillance accrue autour de Polymarket, notamment après qu'un pari extrêmement lucratif sur un éventuel renversement du président vénézuélien Nicolas Maduro ait soulevé des questions relatives au délit d'initié. Ce pari avait rapporté 400 000 $ suite à un investissement initial modeste de 32 $.
Les législateurs américains envisagent désormais une législation visant à interdire aux représentants gouvernementaux d'effectuer ce type de transactions sur les marchés prédictifs politiques.
Malgré cette pression réglementaire croissante, il est important de noter que le volume total échangé sur le marché prédictif a atteint un record impressionnant avec 701,7 millions $ enregistrés le 12 janvier dernier.
Un modèle controversé entre marchés financiers et paris traditionnels
Polymarket permet aux utilisateurs d'échanger des contrats liés à divers résultats réels dont les prix sont déterminés par les acteurs du marché plutôt que par un bookmaker traditionnel. Bien que ses partisans affirment que ce modèle ressemble davantage aux marchés financiers classiques qu'à ceux du secteur parisier traditionnel, plusieurs régulateurs adoptent une position opposée face aux préoccupations relatives au respect légal.
L'avenir proche semble incertain pour Polymarket alors qu'il doit naviguer dans cet environnement réglementaire hostile tout en continuant ses opérations dans divers pays qui restent accessibles malgré ces restrictions.
