« Impasse Réglementaire : La Loi Sud-Coréenne sur la Cryptographie Retardée »
La loi sud-coréenne sur les actifs numériques (DABA) est retardée à cause de désaccords entre régulateurs concernant l’émission des pièces stables. Ce cadre, proposé en juin 2025, vise à réguler le commerce et l’émission de cryptomonnaies dans un marché asiatique florissant. Les tensions portent principalement sur qui doit avoir la légitimité pour émettre ces stablecoins indexés sur le KRW.
La Banque de Corée souhaite que seules les banques puissent émettre des pièces stables
La Banque de Corée (BOK) a exprimé son soutien à ce que seules les **banques détenant une participation majoritaire** (51 %) soient autorisées à émettre des pièces stables. Elle argumente que ces institutions, déjà soumises à des exigences strictes en matière de solvabilité et de lutte contre le blanchiment d’argent, sont mieux placées pour assurer la stabilité du système financier. La BOK estime donc qu'elles doivent être les seules responsables de cette émission.
« La loi sud-coréenne sur les actifs numériques (DABA) a été adoptée en juin 2025 : des règles générales pour les actifs tokenisés, y compris les pièces stables et les NFT, ainsi que des normes strictes en matière de licences, de capital, d'audit et de divulgation. Surveillance par la Commission des services financiers. #RealWorldAssets #Tokenisation #Blockchain… »
– Alerte RWA (@AboutRWAs) 30 octobre 2025
La Commission des services financiers privilégie une approche plus flexible
De son côté, la Commission des services financiers (FSC), responsable du développement politique financier en Corée du Sud, se montre plus ouverte au changement. Bien qu'elle reconnaisse l'importance d'une certaine stabilité financière, elle avertit qu'une règle stricte exigeant 51 % pourrait freiner l'innovation et la concurrence, empêchant ainsi aux entreprises fintech possédant l'expertise technique nécessaire d'évoluer efficacement dans ce secteur dynamique.
Le FSC prend également exemple sur la réglementation européenne où bon nombre d’émetteurs agréés de stablecoins sont issus d’entreprises spécialisées dans les actifs numériques plutôt que seulement des banques traditionnelles.
Le parti au pouvoir rejette aussi la règle impose par la Banque de Corée
Le refus du FSC vis-à-vis de la proposition stricte est corroboré par celui du Parti démocratique coréen (DPK). Le législateur Ahn Do-geol a déclaré : « Une majorité des experts participants ont exprimé leurs inquiétudes concernant la proposition de la BOK », ajoutant qu'il est difficile d'établir un précédent mondial où une seule catégorie institutionnelle devait détenir une telle majorité pour émettre des stablecoins.
Ahn Do-geol souligne également que « les problèmes relatifs à la stabilité pourraient être atténués grâce à diverses mesures réglementaires », proposant ainsi un chemin alternatif vers une réglementation efficace sans risquer d’étouffer l’innovation.
L'effondrement historique du TerraUSD rappelle aux régulateurs leur responsabilité
Cet appui à une gestion rigoureuse vient après le krach monumental provoqué par l’effondrement du projet Terra dirigé par Do Kwon. Le stablecoin algorithmique TerraUSD (UST), conçu pour maintenir un taux fixe avec le dollar grâce à son jeton sœur Luna, s'est effondré catastrophiquement en mai 2022.
Cet incident a vu près de 40 à 45 milliards USD disparaître du marché en quelques jours seulement, entraînant avec lui pertes massives et faillites dans tout le secteur cryptographique. Les procureurs accusent désormais Kwon et sa société Terraform Labs d'avoir fait état « d'informations fausses et trompeuses » sur leur système stablecoin.
Kwon a récemment été condamné aux États-Unis à 15 ans de prison, faisant face également potentiellement jusqu'à **40 ans supplémentaires en Corée du Sud**, selon son équipe juridique.
