Les inquiétudes concernant le détroit d'Ormuz et les faibles réserves de l'UE suscitent des incertitudes sur les prix du gaz
Chapeau : Les prix du gaz européens connaissent une légère baisse, mais des incertitudes persistent en raison des tensions entre les États-Unis et l'Iran. Alors que les exportations de GNL américain reprennent, l'Union européenne fait face à un niveau de stockage préoccupant à 43,5 %. La dynamique des importations pourrait toutefois alléger la pression sur les réserves énergétiques européennes.
Les tensions géopolitiques impactent le marché du gaz européen
Les prix du gaz européens, déjà orientés à la baisse, font face à de nouvelles incertitudes. Ces inquiétudes sont ravivées par la rhétorique croissante entre les États-Unis et l'Iran, notamment suite aux déclarations du président Donald Trump. Ce climat tendu soulève des craintes concernant la sécurité d'un axe crucial pour le transit maritime : le détroit d'Ormuz, qui représente environ un cinquième des livraisons mondiales de GNL (gaz naturel liquéfié).
D'un autre côté, les expéditions de GNL depuis les terminaux américains semblent revenir à la normale. Selon Bloomberg, ces volumes ont presque atteint la moyenne observée au début janvier après une légère baisse récente.
Malgré cette reprise encourageante, le stockage de gaz dans l'UE reste préoccupant avec seulement 43,5 % de capacités utilisées selon Commerzbank AG. Habituellement, durant un hiver classique, ces niveaux chuteraient encore davantage d'environ 15 points de pourcentage d'ici fin mars.
Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank AG a déclaré : « La question de savoir si cela se produira dépend principalement de la demande : des températures plus basses sont désormais prévues pour l'Europe ».
L'importation croissante de GNL soutient les réserves énergétiques européennes
Actuellement, les importations de gaz dans l’UE montrent une tendance significative à la hausse. D'après une analyse du think tank Bruegel, durant les vingt premiers jours cette année, ces importations étaient supérieures de 14 % comparativement à l'année précédente.
Cette augmentation notable pourrait avoir un impact positif sur les réserves énergétiques européennes. En effet, si tous les autres facteurs restent constants (hypothèse « toutes choses égales par ailleurs »), un volume accru d’importations devrait corréler avec une réduction du taux d'extraction du gaz stocké.
Cette dynamique est prometteuse pour renforcer la sécurité énergétique pendant les périodes où la demande est élevée. La continuité de cette tendance sera cruciale pour évaluer comment l'UE pourra faire face aux chocs éventuels sur son approvisionnement durant le reste de l'année.
Le marché américain voit ses prix affectés par une surplus dans ses stocks
Aux États-Unis également, le marché connaît des fluctuations notables. Le contrat Henry Hub s'échangeait jeudi matin à seulement 3,75 dollars par mmBtu, soit environ trois dollars moins cher que mercredi dernier.
Barbara Lambrecht précise qu’« une telle chute massive est due à un changement contractuel ». Malgré quelques hausses récentes dues au retour aux expéditions normales vers l’Europe, il existe toujours un excédent important dans les stocks américains qui persiste malgré plusieurs semaines consécutives avec des baisses notables, jusqu'à 242 milliards pieds cubes lors dernière semaine référencée selon le département américain de l'Énergie.
Une forte baisse imminente des stocks prévue sur le marché
Les données récentes indiquent que cet écart persistant entre offre et demande ne se résorbe pas assez vite pour permettre une véritable reprise durable ni normaliser efficacement le marché. L'accumulation continue des stocks agit comme un frein sur toute possibilité d'augmentation significative des prix tout en maintenant un sentiment pessimiste parmi les acteurs économiques.
L’impact potentiel d'une tempête hivernale récente semble avoir été mineur ou non encore intégré dans certaines analyses économiques actuelles selon Barbara Lambrecht qui indique qu’une forte diminution est attendue lors semaine en cours suite aux événements climatiques récents.
Elle conclut en disant : « Reste toutefois à savoir si les stocks connaîtront une baisse record comme certains experts prévoient ». Actuellement donc Henry Hub affiche autour 4 ,098 $ par mmBtu avec une hausse modérée enregistrée récemment due aux conditions météorologiques adverses.
