En Iran, le blanchiment d'argent est prohibé, tout comme les dons en crypto-monnaies
Chapô : Au Royaume-Uni, le paysage des actifs numériques connaît de grands bouleversements. La Financial Conduct Authority (FCA) a annoncé l'ouverture d'une passerelle pour l'autorisation des entreprises de crypto-monnaie en septembre 2026, tandis que des allégations de blanchiment d'argent par des forces iraniennes ont éclaté. Parallèlement, sept députés ont appelé à interdire les dons en crypto aux partis politiques.
La FCA prévoit une nouvelle réglementation pour les actifs numériques
Le 8 janvier, la Financial Conduct Authority (FCA) a révélé son intention d'ouvrir une « passerelle » officielle permettant aux sociétés d'actifs numériques de demander une autorisation à partir de septembre 2026. Ce mouvement s'inscrit dans un cadre réglementaire plus large qui devrait entrer en vigueur en 2027.
Actuellement, la majorité des actifs numériques au Royaume-Uni sont peu ou pas régulés, mais un changement se profile. En avril 2025, le ministère britannique des Finances (HM Treasury) a proposé un nouvel instrument législatif visant à placer la plupart des activités liées aux crypto-actifs sous la supervision de la FCA.
La FCA organisera également une consultation sur ses règles applicables aux entreprises engagées dans ces nouvelles activités réglementées. À terme, les entreprises devront être approuvées selon le Financial Services and Markets Act 2000 (FSMA) avant que le nouveau régime ne soit mis en place.
Le régulateur a précisé qu'il n'y aura pas de conversion automatique pour les entités déjà enregistrées et qu'elles devront donc obtenir cette nouvelle autorisation. Les entreprises qui attendent encore leur approbation lors du lancement officiel pourront continuer leurs opérations temporairement jusqu'à ce qu'une décision soit prise.
Des allégations graves concernant le blanchiment d'argent par l'Iran
Cette enquête repose sur une étude menée par TRM Labs qui identifie Zedcex et Zedxion comme responsables du transfert massif lié au CGRI. Selon TRM Labs : « Les deux bourses se présentent publiquement comme des plateformes classiques », mais elles opèrent effectivement comme parties intégrantes d'un réseau facilitant l'évasion sanctionnée.
L'Iran fait face à diverses sanctions internationales depuis plusieurs décennies notamment dues à son programme nucléaire et à ses activités militaires jugées hostiles. Le rapport souligne que ces échanges ont non seulement aidé l'Iran à contourner certaines restrictions financières mais pourraient aussi être liés au financement du terrorisme.
Une demande croissante pour interdire les dons politiques en monnaie numérique
Face aux problèmes soulevés par ces révélations, sept députés britanniques ont écrit au Premier ministre afin d'interdire les dons en monnaie numérique dans le cadre du prochain projet de loi électoral du pays. Parmi eux figurent Liam Byrne et Emily Thornberry ainsi que plusieurs présidents de commissions parlementaires importantes.
Dans un message publié sur X le 12 janvier, Liam Byrne a déclaré : « La crypto est opaque [.] et représente un risque croissant pour l'intégrité démocratique ». Dans leur lettre, ils soulignent cinq raisons justifiant cette interdiction notamment l'anonymat associé aux transactions cryptographiques pouvant favoriser l'ingérence étrangère.
Les préoccupations exprimées sont accentuées par le fait que certains pays comme l'Irlande ou le Brésil appliquent déjà ce type d'interdiction. Cette initiative pourrait également découler récemment d'un don controversé reçu par le parti Reform UK dirigé par Nigel Farage qui s'est affiché pro-crypto avec un don très conséquent provenant d'investisseurs en digital currency.
Le gouvernement travailliste discute également depuis longtemps cette possibilité dans son projet législatif visant à réformer davantage le système électoral britannique tout en renforçant la transparence autour des financements politiques.
Ces développements soulignent tantôt les efforts vers une meilleure régulation tout autant qu'ils exposent les failles existantes dans la surveillance effective du secteur financier britannique concernant les actifs numériques.
