Morgan Stanley appuie CIFR et WULF pendant que le centre de données est en activité

Chapô : Morgan Stanley a débuté la couverture de trois mineurs de Bitcoin, attribuant des notes de surpondération à Cipher Mining et TeraWulf, tout en sous-pondérant Marathon Digital. Les analystes estiment que certains mineurs doivent être considérés comme des infrastructures plutôt que comme de simples investissements dans la crypto-monnaie. Cette tendance pourrait transformer les sites miniers en actifs générant des flux de trésorerie prévisibles.

Morgan Stanley attribue des notes variées aux mineurs de Bitcoin

Lundi, Morgan Stanley a lancé sa couverture pour trois entreprises cotées en bourse spécialisées dans le minage de Bitcoin. L'institution financière a donné une note de surpondération à Cipher Mining (CIFR) et à TeraWulf (WULF), tandis qu'elle a décidé d'attribuer une note de sous-pondération à Marathon Digital (MARA).

Cette décision reflète l'analyse selon laquelle certains acteurs du secteur sont mieux valorisés en tant qu'« infrastructures » plutôt que comme simples paris sur le prix du Bitcoin ou les cryptomonnaies.

Les objectifs financiers fixés par Morgan Stanley

L'analyste Stephen Byrd et son équipe ont établi un objectif de cours fixé à 38 $ pour Cipher Mining et à 37 $ pour TeraWulf. À la suite de cette annonce, les actions CIFR ont connu une hausse notable d'environ 134 %, atteignant ainsi 16,50 $, tandis que celles WULF ont progressé de 13 %, s'élevant à 16,20 $.

En revanche, les actions de Marathon Digital ont légèrement augmenté jusqu'à atteindre 8,28 $, restant toutefois sous leur objectif initial fixé à 8 $.

Transformation des sites miniers vers des centres de données

La thèse défendue par Morgan Stanley repose sur l'idée que les sites dédiés au minage peuvent évoluer vers des actifs comparables aux centres de données. Byrd souligne qu’une fois qu’un mineur établit un centre et signe un bail avec une entité solvable, il est préférable d’évaluer cet actif sur la base d'un flux monétaire constant plutôt qu’en fonction du prix du Bitcoin.

Il fait même référence à ces opérations comme ressemblant aux sociétés immobilières cotées (REIT) spécialisées dans les centres de données tels que Equinix (EQIX) et Digital Realty (DLR) qui bénéficient d'une valorisation élevée grâce à leurs revenus prévisibles.

Les ambitions croissantes des entreprises comme TeraWulf

Cipher Mining est perçue comme un acteur central dans ce nouveau cadre économique décrit par Byrd. Il évoque ses installations adaptées aux opérations avancées où les centres fonctionnent presque « comme des routes à péage », engendrant ainsi des flux monétaires réguliers sans dépendre fortement du coût du Bitcoin.

De son côté, TeraWulf se conforme aussi parfaitement au modèle proposé avec sa capacité avérée dans la signature d’accords concernant des centres immobiliers ainsi qu’une gestion solide d’infrastructures électriques. La société prévoit d’augmenter sa capacité annuelle jusqu'à 250 mégawatts avant 2032 avec un taux projeté allant jusqu’à 75 % dans un scénario optimiste selon Morgan Stanley.

Marathon Digital face aux défis traditionnels

Contrairement aux prédictions positives concernant Cipher et TeraWulf, Marathon Digital reçoit une évaluation plus mesurée. Selon Byrd, l’approche hybride adoptée par l’entreprise combine le minage traditionnel avec ses aspirations liées aux centres numériques mais limite paradoxalement son potentiel opérationnel global.

L'accent mis par Marathon sur l'accumulation continue de Bitcoins ainsi que son recours fréquent aux obligations convertibles pour soutenir ses activités minières rendent sa valeur très vulnérable face aux fluctuations du marché crypto actuel.

Morgan Stanley met également en avant le manque historique d’expérience significative chez Marathon en matière d’hébergement efficace au sein des centres informatiques ainsi qu’un retour historiquement faible sur capital investi lié au secteur minier comme motifs justifiant leur position prudente envers cette entreprise.

Un débat autour du futur : Minage ou intelligence artificielle ?

Cette analyse intervient alors qu'un débat plus large émerge quant à savoir si les mineurs devraient réorienter leurs efforts vers l’intelligence artificielle (IA) ou continuer leur activité traditionnelle liée au minage.

Selon Morgan Stanley, seuls ceux ayant établi solidement leurs bases via la location durable peuvent espérer offrir davantage rendement stable tandis que ceux restant concentrés sur le minage sont exposés directement aux aléas typiques liés aux cryptomonnaies telles que la volatilité accrue observée récemment.

De nombreuses grandes sociétés minières cotées telles que Bitfarms, désormais appelée Keel Infrastructure, annoncent leur transition partielle voire totale loin du modèle classique afin d'héberger dorénavant diverses charges associées à l'intelligence artificielle tout en signant plusieurs contrats stratégiques auprès partenaires cloud majeurs ou hyperscalers présents sur le marché.