À partir de 2028, les Pays-Bas taxeront les gains latents sur le Bitcoin et les actions
Le parlement néerlandais adopte une réforme fiscale controversée sur les plus-values
À partir de 2028, le parlement néerlandais imposera des taxes annuelles sur les gains non réalisés provenant des actions, obligations et Bitcoin. Cette décision est en partie motivée par un manque à gagner de 2,3 milliards d'euros par an pour le Trésor public. Malgré des critiques concernant la complexité du système, une majorité de députés semble prête à soutenir cette réforme face aux pressions budgétaires croissantes.
Des questions soulevées lors du débat parlementaire sur la réforme fiscale
Lundi dernier, la Tweede Kamer, chambre basse du parlement néerlandais, a débattu des modifications fiscales relatives au cadre Box 3. Les membres ont soumis plus de 130 questions au secrétaire d'État par intérim Eugène Heijen en charge des impôts.
Bien que beaucoup d’élus aient exprimé leurs doutes quant à l’efficacité et la clarté de la proposition, plusieurs grands partis tels que le VVD, le CDA, le JA21, le BBB et le PVV ont indiqué leur intention de voter pour ces changements. Ce soutien découle principalement de considérations financières plutôt que d’un réel enthousiasme pour cette politique.
Les Pays-Bas sont devenus fous.
Le gouvernement souhaite taxer les gains non réalisés sur le #Bitcoin à partir de 2028.
Je ne comprends tout simplement pas pourquoi les gens acceptent aveuglément cela et ne se lancent pas à fond dans une manifestation contre cette loi particulière. Le montant de l'impôt payé chacun… pic.twitter.com/HIJhLl6qHq
- Michaël van de Poppe (@CryptoMichNL) 23 janvier 2026
L’urgence financière pousse vers l’adoption rapide des réformes fiscales
D’après les estimations, l'absence d'un nouveau système fiscal coûte actuellement au Trésor environ 2,3 milliards d'euros par an. Ce déficit a créé une pression urgente parmi les législateurs pour adopter rapidement ces réformes fiscales avant 2028.
Ainsi, malgré certaines réserves concernant son application pratique, divers partis politiques semblent prêts à soutenir ce projet. Les groupes D66 et GroenLinks-PvdA affichent un soutien plus enthousiaste envers cette mesure qui impose finalement des taxes sur les gains non réalisés. Luc Stultiens du GroenLinks-PvdA a expliqué que « l'approche n'entraînera pas de pertes budgétaires importantes et est plus facile à mettre en œuvre ».
Ajustements favorables aux investisseurs immobiliers dans la nouvelle législation fiscale
Sous ce nouveau cadre fiscal proposé, il y aura des avantages notables pour les investisseurs immobiliers comparativement aux règles actuelles. Ces derniers pourront déduire leurs dépenses avant imposition et seront imposés uniquement lorsque leurs bénéfices seront réalisés via ventes ou autres transactions.
Néanmoins, ceux qui investissent dans des actions ou cryptomonnaies feront face à un traitement moins favorable puisque ces investisseurs devront payer chaque année un impôt basé sur leurs gains non réalisés même sans vendre leurs actifs.
Critiques concernant la complexité administrative du nouveau système fiscal
L'imposition sur les rendements non réalisés reste l'aspect le plus controversé du projet législatif proposé. Le secrétaire d'État Heijnen a admis que leur préférence serait d’imposer seulement les bénéfices réalisés mais qu'il était impossible d’atteindre cet objectif avant 2028.
Pendant ces débats parlementaires, Peter Grinwis du ChristenUnie a également critiqué la lourdeur administrative liée à ce changement : « Nous disons chaque année que cela devrait être plus simple mais nous faisons exactement le contraire ». Ses propos reflètent bien l’inquiétude générale face aux complications pratiques qu’entraîne cette réforme fiscale.
Cette polémique suscite également un vif débat parmi ceux qui soutiennent la cryptomonnaie ; plusieurs estiment que cette politique pourrait pénaliser injustement les investisseurs longue durée et mener potentiellement au départ des capitaux étrangers hors des Pays-Bas.
