Le plan de structure du marché américain est en désordre après le retrait du soutien par Coinbase
Chapo : La législation sur la structure du marché des actifs numériques aux États-Unis est remise en question après le retrait de soutien de Brian Armstrong, PDG de Coinbase, pour le projet de loi CLARITY. Cette décision a conduit à l'annulation d'une réunion essentielle du Comité bancaire du Sénat. Les réactions au sein de l'industrie crypto sont partagées, certains saluant la position ferme d'Armstrong tandis que d'autres craignent les conséquences.
Brian Armstrong retire son soutien au projet de loi CLARITY
Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a annoncé qu'il ne pouvait pas soutenir le projet de loi CLARITY, préférant « plutôt ne pas avoir de loi que d'avoir une mauvaise loi ». Ce retrait fait suite à des préoccupations concernant un « dé facto ban sur les actions tokenisées » et des prohibitions sur les activités financières décentralisées (DeFi). Dans un tweet publié mercredi après-midi, il a exprimé que le texte comportait « trop de problèmes ».
Les membres du Comité bancaire ont rapidement réagi. Le président Tim Scott (R-SC) a déclaré qu'il y aurait une « pause brève avant de passer à la rédaction », affirmant que les leaders ainsi que ses collègues démocrates et républicains travaillent toujours ensemble. En revanche, Cynthia Lummis (R-WY) s'est montrée « profondément déçue » par cette décision, estimant qu'elle prouve que les opérateurs crypto ne sont pas prêts pour la clarté réglementaire qu'ils réclament.
Des analystes expriment leurs doutes sur l'avenir du projet
L'analyste Jaret Seiberg chez TD Cowen a noté que les objections tardives d'Armstrong incluaient des modifications acceptées par les démocrates avant la session prévue. Il doute cependant que le texte puisse être amélioré suffisamment pour satisfaire Coinbase tout en préservant la bipartisanship nécessaire pour éviter un filibuster au Sénat.
La date reprogrammée pour cette réunion n'a pas encore été annoncée. Armstrong a suggéré à CNBC qu'un nouveau projet pourrait entrer dans une nouvelle phase dans quelques semaines. Cependant, Lummis a mentionné qu'il faudrait un certain temps avant d'élaborer un plan pour relancer le sujet.
Réactions variées au sein du secteur crypto face aux développements
Les réactions au sein du secteur crypto varient considérablement. Bill Hughes, conseiller principal chez Consensys, a exprimé son soutien à Coinbase en disant que continuer avec un vote nécessiterait des compromis qui affaibliraient définitivement la compétitivité américaine dans ce domaine.
D'autre part, Arjun Sethi co-PDG de Kraken se dit pleinement engagé à faire avancer la législation sur la structure du marché et attend avec impatience une résolution positive des problèmes restants.
Certains acteurs comme Peter Van Valkenburgh et Chris Dixon ont exprimé leur optimisme quant aux bénéfices potentiels apportés par le texte actuel tout en reconnaissant qu’il nécessite encore des ajustements avant son adoption définitive.
Les stablecoins menacent-ils l'avenir du projet CLARITY ?
Un point central soulevé par Armstrong concerne sa capacité à offrir des récompenses aux clients qui détiennent des stablecoins via sa plateforme. Lors des réunions précédentes au Sénat, il avait signalé plusieurs éléments qui suscitaient son inquiétude sans voir aucune voie possible pour corriger ces textes avant le vote prévu.
Senator Lummis considère cette problématique comme « celle qui tue » l'avancement proposé lors de cette session marquée par une forte tension entre banques traditionnelles et acteurs cryptographiques.
Pourtant, certaines propositions visant à interdire aux plateformes tierces d'offrir ces récompenses semblent avoir échoué face aux réserves soulevées autour des définitions trop larges présentes dans CLARITY.
L'impact potentiel sur les actions tokenisées soulève aussi débat
Le désir croissant du secteur crypto d’offrir des actions tokenisées rencontre également une forte résistance venant d'entreprises traditionnelles telles que Citadel qui souhaitent imposer les mêmes exigences réglementaires auxquelles elles font face actuellement.
La section 505 actuelle stipule clairement que ni la SEC ni la CFTC ne peuvent adopter quoi que ce soit exemptant ces instruments financiers tokenisés sous couvert existants régulatoires applicables dans leur forme non-tokenisée.
Coinbase avait prévu lancer sa propre plateforme dédiée dès cette année mais doit maintenant naviguer entre ses propres intérêts commerciaux et ceux plus larges présentés dans ce dossier législatif crucial.
