Chapô : La production d'or mondial continue d'atteindre des niveaux records, mais ne parvient pas à satisfaire la demande croissante. En 2024, la production a atteint 3 661,2 tonnes, laissant un déficit de 1 312,8 tonnes quand on exclut le recyclage des bijoux. Les experts s'inquiètent du pic potentiel de l'or et de l'incapacité future à répondre aux besoins du marché.

La production minière d'or en 2024 atteint un record

D'après le dernier rapport annuel du World Gold Council (WGC), la production minière pour l'année 2024 a atteint un niveau record de 3 661,2 tonnes, dépassant légèrement le précédent record établi en 2018. Au total, l'offre mondiale d'or pour cette année est estimée à 4 974,5 tonnes, une légère augmentation par rapport aux 4 945,9 tonnes produites en 2023.

Ce chiffre comprend également le recyclage des bijoux qui s'est élevé à 1 370 tonnes, permettant ainsi une offre totale répondant apparemment à la demande croissante pour ce métal précieux.

La demande mondiale d'or dépasse l'offre disponible

Malgré les chiffres impressionnants fournis par le WGC, une analyse plus poussée révèle que la demande annuelle pour l'or dépasse réellement sa production minière. Lorsque nous excluons le recyclage des bijoux de ces calculs, il apparaît que la demande totale se chiffrerait à 4 974 tonnes, tandis que seulement 3 661,2 tonnes ont été extraites. Ce manque crée un déficit significatif de 1 312,8 tonnes, ce qui souligne une inquiétante tendance sur le marché aurifère.

L'expert Ian Telfer a récemment affirmé : « Dans ma vie, l'or produit à partir des mines a augmenté assez régulièrement depuis 40 ans… Nous sommes juste au pic de l’or ici. »

Les défis opérationnels face aux réserves limitées d’or

Le secteur minier fait face à plusieurs défis majeurs en raison de ressources qui s'épuisent progressivement et deviennent plus difficiles et coûteuses à exploiter. Selon les experts, notamment ceux cités dans les rapports de Wood Mackenzie et Tavi Costa : « Il n'y a eu aucune découverte majeure… alors que la demande continue d’augmenter structurellement ».

Les sociétés minières doivent faire face à des corps minéralisés plus complexes dans leurs opérations tout en exploitant souvent des mines beaucoup plus profondes avec des teneurs réduites.

Les prévisions concernant les achats d'or par les banques centrales

À mesure que la nécessité diversifiée vers les actifs libellés en dollars se renforce globalement parmi les banques centrales mondiales, dont certaines prévoient d'acheter près de 1 000 tonnes supplémentaires d’or en 2025, cela pourrait avoir un impact décisif sur le prix du métal précieux. La banque française Société Générale prévoit même que le prix moyen atteindra entre 3 825 dollars et 4 128 dollars l’once dans deux ans.

Comme indiqué par leurs analystes : « Les principaux facteurs soutenant l’or restent fermement intacts », suggérant ainsi qu'une forte demande continuera probablement malgré toute hausse potentielle des prix.

L’avenir incertain de l'industrie aurifère

Alors qu'il est essentiel pour les sociétés minières non seulement d’extraire davantage mais aussi de découvrir activement de nouveaux gisements, il existe peu d’espoir quant aux projets actuels capables de supporter cette responsabilité cruciale. La difficulté accrue associée au développement industriel rend cet objectif encore plus complexe et frôle parfois avec impraticabilité.

Le défi reste donc entier : comment combler ce fossé entre une offre stagnante et une demande toujours croissante ? Un avenir où ces deux éléments pourront être alignés semble encore loin dans cette industrie confrontée au spectre du pic aurifère.