La pression exercée par le gouvernement américain est considérée comme une des causes majeures du débanking

Chapo : La débancarisation aux États-Unis est largement attribuée à des pressions gouvernementales plutôt qu'à des politiques bancaires individuelles, selon un rapport du Cato Institute. Nicholas Anthony, analyste au Cato Institute, met en avant différentes formes de débancarisation et appelle le Congrès à agir contre ce phénomène. Les entreprises de cryptographie sont particulièrement touchées par ces fermetures.

Les pressions gouvernementales mènent à la débancarisation

La majorité des cas de débancarisation aux États-Unis résulte de pressions exercées par le gouvernement, comme l'indique un nouveau rapport du Cato Institute. Nicholas Anthony, analyste au Cato Institute, a souligné que les fermetures de comptes peuvent être motivées par des raisons religieuses ou politiques, mais que dans la plupart des situations, ce sont les interventions gouvernementales qui en sont la cause principale.

« Alors que les discours médiatiques et politiques attribuent souvent ces fermetures à une discrimination politique ou religieuse, cette étude révèle que la majorité des cas de suppression bancaire découlent de pressions gouvernementales », a déclaré Anthony.

Deux types principaux de débancarisation du gouvernement

Anthony distingue deux formes principales de débancarisation gouvernmentale : directe et indirecte. Dans le premier cas, le gouvernement utilise une lettre ou une ordonnance pour ordonner directement la fermeture d'un compte. Par exemple, il cite l'envoi par la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) d'instructions aux banques pour cesser toute activité liée aux cryptomonnaies.

« De plus, l'agence n'a pas fourni de calendrier ni de suivi auprès de ces institutions financières. Ainsi, dans la pratique, ces lettres étaient en réalité des ordonnances de résiliation », précise-t-il.

En décembre dernier, Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase & Co., a affirmé ne pas fermer des comptes basés sur l'affiliation religieuse ou politique lors d'une interview avec Fox News. Il a également mentionné que tant les Démocrates que les Républicains ont eu recours à ce type d'intervention bancaire.

Des exemples concrets illustrent le débanking

Le secteur crypto subit depuis longtemps des fermetures injustifiées et un refus généralisé d'accès aux services bancaires. Des personnalités comme Jack Mallers et Houston Morgan ont dénoncé sur Twitter leurs expériences personnelles avec JPMorgan où ils ont constaté sans explication la fermeture soudaine de leurs comptes respectifs.

Mallers a spécifiquement accusé JPMorgan d'avoir fermé ses comptes personnels sans justification valable en novembre 2023.

Le Congrès doit agir pour contrer le débanking

L'ex-administration Trump avait tenté d'aborder cette problématique via divers décrets favorables au secteur crypto tout en nommant davantage dirigeants pro-cryptomonnaie dans certaines agences comme la Securities and Exchange Commission (SEC).

Nicholas Anthony insiste sur le fait que seule une intervention législative pourrait réellement changer les choses : « Si le Congrès veut apporter un soulagement et réduire le phénomène de débancarisation... il est temps d'éliminer la confidentialité qui enveloppe le système... Et il est temps aussi réformer le régime légal actuel qui permet aux institutions financières d'agir comme enquêteurs chargés applicateurs des lois ».

Cette réforme pourrait potentiellement dévoiler l'ampleur du phénomène tout en limitant les outils dont dispose actuellement le gouvernement pour opérer sur les banques et autres institutions financières.

Ainsi se dessine un paysage complexe autour du sujet brûlant du débanking aux États-Unis où équilibre entre régulation financière et libertés individuelles reste encore à trouver.