Le projet de loi CLARITY précise l'autorité qui encadre la réglementation des cryptomonnaies aux États-Unis
Le Sénat américain a reporté le vote sur le projet de loi CLARITY, qui vise à clarifier la réglementation des cryptomonnaies. Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a retiré son soutien au projet en raison de ses restrictions jugées trop sévères pour l'innovation. Le texte propose une distinction entre les rôles de la SEC et de la CFTC dans la régulation des actifs numériques.
Le projet de loi CLARITY cherche à définir clairement qui réglemente les cryptomonnaies aux États-Unis
Cette semaine, le Sénat américain a présenté un nouveau projet de loi connu sous le nom de CLARITY Act, ou Digital Asset Market Clarity Act of 2025, référencé comme HR 3633. Ce texte vise à résoudre une question cruciale : qui est responsable de la régulation des cryptomonnaies aux États-Unis ? À l'heure actuelle, il existe un désaccord entre la SEC (Securities and Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) concernant leurs attributions respectives.
Le projet introduit deux voies distinctes : d'une part, la SEC gère les projets crypto considérés comme des collectes de fonds via des contrats d'investissement ; d'autre part, lorsque les jetons se comportent davantage comme des marchandises, tels que l'or ou le pétrole, c'est alors la CFTC qui prend le relais.
Des préoccupations émergent quant aux impacts du Clarity Act sur l'innovation
Cependant, une controverse s'est intensifiée autour du projet. Le vote initialement prévu a été annulé et plusieurs acteurs clés expriment leur frustration face aux dispositions actuelles du texte. Le PDG de Coinbase a indiqué qu'il ne soutiendrait pas ce projet car celui-ci favorise excessivement les banques traditionnelles tout en imposant des restrictions strictes sur certains aspects innovants du secteur crypto.
Brian Armstrong a souligné que « le projet actuel favorise fortement les banques traditionnelles tout en imposant des restrictions strictes sur les innovations clés en matière de cryptographie ». Ces limitations touchent notamment l'interdiction des caractéristiques liées aux rendements stables et certaines activités DeFi (finance décentralisée), ce qui pourrait entraver le développement futur du marché.
Les implications du Clarity Act pour Bitcoin et Ethereum sont positives
Pour certains actifs numériques déjà intégrés dans des produits négociés en bourse (ETF) aux États-Unis, le CLARITY Act propose un processus simplifié. Si un jeton est utilisé comme actif sous-jacent à un ETF avant janvier 2026, il sera classé immédiatement comme une matière première.
Cela réduit l’incertitude juridique pour les détenteurs d'actifs tels que Bitcoin et Ethereum, attirant potentiellement plus d'investissements institutionnels dans ces marchés grâce à une meilleure clarté réglementaire.
D'autres jetons bien connus comme XRP, Solana, Dogecoin, ainsi que plusieurs autres pourraient également bénéficier cette même classification sous certaines conditions liées aux ETF.
Les nouvelles règles concernant jalonnement et stablecoins suscitent polémique
Le Clarity Act aborde aussi directement le sujet du jalonnement dans les cryptomonnaies. Selon ce texte, les récompenses obtenues par jalonnement ne seraient pas automatiquement considérées comme des titres financiers par défaut. Cela pourrait permettre à divers protocoles DeFi et utilisateurs autonomes d'opérer sans crainte constante d'actions juridiques contre eux.
En revanche, pour ce qui est des stablecoins, monnaies numériques indexées sur une devise fiduciaire telle que l’USDC, le texte impose certaines limitations strictes concernant leur capacité à générer un rendement simplement en étant conservées.
Jake Chervinsky a mentionné : « Il n’y avait aucune bonne raison politique pour cela au départ [l’interdiction], et cela a tué toute une classe de produits cryptographiques innovants ».
Ces restrictions sont perçues par beaucoup comme limitantes pour l’innovation future dans cet espace dynamique et évolutif.
Coinbase retire son soutien au Clarity Act face à ses inquiétudes
Brian Armstrong n'a pas caché ses inquiétudes vis-à-vis du CLARITY Act. Il estime que ce dernier pourrait être pire que l'incertitude réglementaire actuelle : « Après avoir examiné le projet… Coinbase ne peut malheureusement pas soutenir le projet tel qu'il est rédigé ».
Armstrong cite plusieurs problèmes majeurs liés au texte proposé : « Une interdiction de facto des actions tokenisées » ainsi qu’« Une interdiction DeFi », signalant ainsi sa préoccupation quant au manque potentiel d'accès financier pour les consommateurs.
Malgré ces défis soulevés par Coinbase et d'autres acteurs importants du secteur crypto, certains défenseurs voient encore ce cadre législatif comme un compromis nécessaire pouvant favoriser une adoption plus large parmi tous types d’actifs numériques établis.
Si cette version proposée échoue lors du vote final ou subit encore quelques modifications significatives avant son adoption officielle, il demeure probable que nous continuions à naviguer dans un paysage complexe caractérisé par incertitudes réglementaires persistantes autour des actifs numériques.
