La réduction des tensions en Iran diminue le risque pétrolier, mais les experts préviennent d'une volatilité future
Chapô : Les prix du pétrole sont sous pression en raison de changements dans l'offre mondiale, notamment la baisse des stocks en Chine et l'essor des véhicules électriques. Malgré cela, les tensions géopolitiques, notamment avec l'Iran, maintiennent une prime de risque sur le marché. Les analystes prévoient une vigilance continue face à la volatilité des prix.
Les fluctuations du prix du pétrole liées à la situation iranienne
Le marché pétrolier connaît actuellement des variations importantes, principalement influencées par les événements en Iran. En début de semaine, le baril de pétrole brut Brent a atteint près de 67 dollars, son plus haut niveau depuis début octobre. Toutefois, jeudi dernier, les prix ont chuté de 3 dollars suite aux déclarations du président américain Donald Trump, qui ont réduit le risque d'une intervention militaire immédiate.
Vendredi a vu un léger rebond des prix alors que l'incertitude persiste autour de l'Iran et des questions d'approvisionnement. Cette baisse initiale était due au choix des États-Unis d'éviter toute action immédiate contre l'Iran malgré les manifestations internes.
Les risques d'escalade avec l'Iran et leur impact sur le détroit d'Ormuz
Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank AG, souligne qu'il existe toujours un risque élevé d'escalade concernant les tensions avec l'Iran. Cette inquiétude est alimentée non seulement par la perte potentielle d'exportations iraniennes, atteignant près de 1,9 million de barils par jour selon Bloomberg, mais aussi par la menace d'un blocus du détroit d'Ormuz, qui représente environ un quart de l'approvisionnement mondial en pétrole maritime.
Warren Patterson du groupe ING indique : « Toute escalade avec l'Iran soulèvera également des inquiétudes quant à une perturbation potentielle des flux de pétrole à travers le détroit d'Ormuz », point névralgique pour environ 20 millions de barils/jour.
Malgré une certaine atténuation des risques récemment observée, ces derniers restent suffisamment préoccupants pour maintenir un climat nerveux sur le marché à court terme.
Les fondamentaux du marché pétrolier face aux incertitudes géopolitiques
La situation actuelle pourrait changer si davantage de signes positifs apparaissent au Venezuela ou si les sanctions contre certaines exportations se relâchent. Le rapport mensuel prévu par l’Agence internationale de l'énergie (AIE) devrait recentrer les acteurs du marché sur les données fondamentales concernant le pétrole.
Dans ce contexte tendu où les prévisions fournies par l'EIA (Administration américaine) et OPEP sont désormais similaires pour anticiper la demande mondiale jusqu'en 2027, il est attendu que ces organismes continuent à signaler une offre excédentaire importante cette année. Barbara Lambrecht ajoute : « Cependant, le facteur décisif pour le prix du pétrole est la mesure dans laquelle ce pétrole afflue sur les marchés mondiaux ».
Perspectives à long terme pour le secteur pétrolier
L'année dernière a été marquée par une utilisation significative des réserves en Chine pour constituer ses stocks. À contrario, dans les pays membres de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), les niveaux restent conformes aux attentes habituelles.
Si davantage de surplus venait à être dirigé vers ces pays industrialisés, conséquence probable liée à une réduction progressive des efforts chinois en matière de stockage, cela pourrait exercer une pression supplémentaire sur les prix due à la montée croissante des véhicules électriques freinant ainsi la demande globale.
Patterson précise que plus longtemps perdurera cette rhétorique autour de l’Iran sans intervention américaine claire : « Plus cette situation perdurera sans intervention américaine, plus la prime de risque continuera de s’estomper ».
Au moment où cet article est rédigé, on note que le cours du brut West Texas Intermediate s'élève à 59,91 $ (+1,2 %), tandis que celui du Brent se situe à 64,50 $ (+1,2 %). La détente autour des tensions iraniennes semble effacer progressivement cette prime historique qui pesait tant sur el secteur énergétique mondial.
