Le régulateur canadien durcit les normes relatives à la protection des actifs numériques

Le régulateur canadien renforce les règles de conservation des actifs numériques

L'Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) a publié un cadre provisoire visant à renforcer la sécurité et la conformité dans le domaine des actifs numériques. Ce nouveau cadre répond à des préoccupations liées aux risques technologiques, opérationnels et juridiques associés aux actifs numériques. Le CIRO établit désormais une classification en quatre niveaux pour les dépositaires, chacun ayant ses propres exigences.

Le cadre provisoire vise à sécuriser les actifs numériques

L'Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI), organisme d'autoréglementation, a mis en place un nouveau cadre pour répondre aux défis posés par les actifs numériques. Ce cadre se concentre sur les relations entre les concessionnaires/courtiers et leurs dépositaires d'actifs numériques. Les entreprises opérant comme courtiers en valeurs mobilières au Canada doivent devenir membres du CIRO pour garantir leur conformité.

Ce règlement est nécessaire car « les échecs historiques dans le secteur de la cryptographie, y compris les pertes dues au piratage, à la fraude, à une gouvernance inadéquate et à l'insolvabilité, ont démontré que les accords de garde sont un point critique de vulnérabilité des investisseurs », note le CIRO.

Les dépositaires sont classés selon quatre niveaux

Le cadre définit quatre niveaux pour distinguer les dépositaires en fonction des normes qu'ils satisfont : surveillance réglementaire, assurance technologique, résilience opérationnelle et capital requis. Par exemple :

  • Pour être classé « niveau 1 », un dépositaire doit avoir un capital minimum de 100 millions $ s'il est basé au Canada ou 150 millions $ s'il est étranger.
  • Les niveaux 2 à 4 exigent un capital minimal respectif de 10 millions $ pour ceux basés au Canada et 100 millions $ pour ceux basés hors du pays.

Les obligations varient selon le niveau : par exemple, alors que tous doivent effectuer certains tests d'intrusion indépendants, cela ne s'applique pas aux dépositaires du niveau supérieur.

Les différentes responsabilités selon le niveau

Chaque catégorie impose différents degrés de responsabilité. Les dépositaires peuvent détenir divers pourcentages d'actifs : jusqu'à 100 % pour ceux de niveau 1 contre seulement 40 % pour ceux classés au niveau 4. Cela reflète l'approche différenciée prise par le CIRO concernant la gestion des risques liés aux actifs numériques.

Les exigences vis-à-vis des assurances varient également ; ainsi, seuls les deux niveaux supérieurs nécessitent une couverture complète sur tous leurs lieux de stockage.

Des mesures temporaires avec possibilité d'évolution future

Bien que ce cadre soit immédiatement applicable, il laisse ouverte la possibilité d'adapter certaines dispositions selon chaque cas particulier. Le CIRO précise également que ce document est conçu comme temporaire et pourrait influencer l'élaboration future de règles permanentes sur l'encadrement des marchés d'actifs cryptographiques alors qu'ils continuent d'évoluer.

Le contexte actuel rappelle fortement l'effondrement médiatisé de QuadrigaCX en 2019 qui avait révélé plusieurs failles dans la gestion des fonds investis dans ce type d’actifs. L’histoire souligne encore plus l’importance cruciale que revêtent ces nouvelles directives mises en place par le régulateur canadien afin de protéger efficacement ses investisseurs face aux évolutions rapides du secteur numérique.

Pour consulter le texte intégral du cadre provisoire publié par le CIRO cliquez ici.