Les réseaux chinois sont responsables du blanchiment de 82 milliards de dollars de fonds illicites

Chapô : Un rapport de Chainalysis révèle que le blanchiment d'argent illicite via les réseaux en langue chinoise a atteint 82 milliards de dollars en 2025. Ces réseaux, qui ont émergé pendant la pandémie, sont devenus dominants dans le paysage des activités criminelles en ligne. Les autorités doivent s'adapter pour contrer cette menace croissante.

Les réseaux chinois dominent le blanchiment d'argent avec 82 milliards de dollars

L’écosystème du blanchiment d’argent illégal a franchi la barre des 82 milliards de dollars en 2025, selon un rapport publié par la société d’analyse blockchain Chainalysis. Ce phénomène est lié à l’accessibilité croissante et à la liquidité des actifs numériques. Le rapport souligne une évolution préoccupante où les réseaux de blanchiment d’argent en langue chinoise (CMLN) sont maintenant les principaux acteurs sur ce marché.

En effet, ces CMLN ont commencé à opérer durant la pandémie et traitaient quotidiennement près de 40 millions de dollars d’actifs numériques en 2025, représentant environ 20 % des fonds cryptographiques illicites au cours des cinq dernières années.

Augmentation alarmante des flux financiers vers les CMLN

Chainalysis précise que ces réseaux ont traité un total de 16,1 milliards de dollars en 2025, soit près de 44 millions de dollars par jour, répartis sur plus de 1 799 portefeuilles actifs. La vitesse à laquelle ces flux entrants augmentent est particulièrement inquiétante : ils progressent 7 325 fois plus vite que ceux vers les échanges centralisés, 1 810 fois plus rapidement que ceux vers la finance décentralisée (DeFi) et 2 190 fois plus vite que les flux intra-illicites sur la chaîne.

Le rapport note également une tendance inverse concernant l'utilisation des bourses centralisées qui décline probablement car elles peuvent geler les fonds suspects.

Les escroqueries alimentent le développement des CMLN

Un chapitre du rapport met en lumière comment les CMLN se sont adaptés aux nouvelles méthodes frauduleuses. Par exemple, ils blanchi systématiquement plus de 10 % des fonds volés dans une escroquerie connue sous le nom « boucherie de porcs ». Dans cette arnaque, le criminel établit une relation avec ses victimes avant d'escroquer leurs économies.

« Bien que les CMLN ne soient pas les seuls facilitateurs du blanchiment d’argent, leur rôle est désormais disproportionné », indique Chainalysis.

Les contrôles chinois comme catalyseur du phénomène

Une théorie avancée dans le rapport suggère que l’apparition rapide des CMLN pourrait être liée aux restrictions financières imposées par Pékin depuis les années 1970. Face à une fuite massive de capitaux entre 2015 et 2016 due au ralentissement économique et aux tensions économiques croissantes, la Chine a renforcé ses contrôles sur les investissements étrangers afin stabiliser son économie.

Selon Tom Keatinge du Royal United Services Institute : « Les individus fortunés cherchant à faire sortir leur argent fournissent l’impulsion nécessaire pour alimenter ces groupes criminels ».

Stratégies recommandées pour lutter contre ce fléau

Pour combattre efficacement ces réseaux, Chainalysis recommande un changement radical dans l’approche actuelle : il faut cibler non seulement les opérateurs mais aussi leurs plateformes publicitaires. « Relever ce défi nécessite un partenariat public-privé coordonné » affirme Chainalysis.

Keatinge soutient qu’il existe un fossé significatif entre ce que peuvent faire légalement forces armées et criminels face aux actifs numériques. Il appelle ainsi à renforcer considérablement la capacité opérationnelle nationale pour mieux gérer cette nouvelle forme criminalité financière.

Le rapport conclut sur une note optimiste : grâce au travail conjoint entre autorités judiciaires et entreprises privées spécialisées dans l'analyse blockchain, il sera possible « identifier et démanteler davantage ces services opérant sur plusieurs plateformes ».