La Russie se tourne vers la crypto-monnaie, mais les objectifs du Kremlin restent incertains

La Banque de Russie propose des tests d'investissement en crypto

Malgré des restrictions persistantes, le statut de la crypto-monnaie en Russie reste très encadré. Les résidents peuvent acheter et détenir des crypto-monnaies, mais ne peuvent pas les utiliser pour effectuer des paiements. De plus, ces avoirs sont soumis à taxation. L'extraction de crypto est autorisée et réglementée, bien qu'elle soit temporairement interdite dans certaines régions.

Le 12 mars, la Banque de Russie a suggéré d'autoriser un nombre limité d'investisseurs « particulièrement qualifiés » à acheter et vendre des crypto-monnaies. Ces investisseurs doivent avoir réalisé plus de 50 millions de roubles (plus de 584 000 $) durant l'année précédente ou disposer d'un dépôt dépassant 100 millions de roubles (près de 1,17 million de dollars). Le trading sera également accessible aux investisseurs institutionnels.

Cette initiative a été saluée comme une avancée positive vers une réglementation plus amicale vis-à-vis des cryptos. Toutefois, il est important de noter que cette proposition inclut une interdiction explicite pour toutes les autres catégories citoyennes russes qui ne répondent pas aux critères établis pour ce type d'investissement.

La Russie utilise le bitcoin pour ses échanges pétroliers

Depuis plusieurs années, le président Vladimir Poutine évoque la nécessité de dénollariser l'économie russe. Cette démarche vise à contourner les obstacles posés par les sanctions tout en simplifiant les conversions entre le rouble russe, le yuan chinois et la roupie indienne.

Cette évolution stratégique permettrait de dépasser les contrôles stricts sur les capitaux qui compliquent la transition. De plus, l'été dernier, un projet législatif incitant au recours aux cryptomonnaies pour commercer internationalement avait vu le jour afin d'échapper aux limitations imposées par ces sanctions.

Tether gèle ses actifs sur Garantex suite aux sanctions

L'opérateur du stablecoin considère cette action comme une réponse nécessaire face à ce qu'ils appellent « une guerre sur le marché russe ». Parallèlement à cela, Binance envisageait également d'introduire USDT auprès des utilisateurs européens compte tenu des nouvelles régulations entourant les stablecoins.

Cela illustre clairement comment Tether tente actuellement de reconquérir sa réputation alors qu'un examen minutieux entoure son utilisation mondiale dans différents contextes financiers.

Report du lancement prévu du rouble numérique

Enfin, concernant le projet du rouble numérique – la monnaie centrale digitale – initialement prévu pour l'été 2025 : son lancement a été retardé sans nouvelle date précise annoncée jusqu'à présent. Contrairement aux États-Unis qui n'ont pas encore lancé leur propre CBDC national capable d'accroître leur contrôle économique interne ; ici, cela semble être une priorité stratégique avérée pour Moscou, offrant ainsi au gouvernement davantage d'outils pour surveiller sa population. Selon Vedomosti, rapporté le 14 mars dernier, ce délai serait dû au fait que environ 30% des banques n'étaient techniquement pas prêtes à travailler avec des monnaies numériques, tout juste 20% signalant elles-mêmes leur préparation effective. Cela n'empêche pas Moscou de continuer à avancer vers cet objectif ambitieux. Un test pilote devrait néanmoins se tenir prochainement dans la région du Tatarstan, programmé pour la seconde moitié de 2025.