Le secteur français des cryptomonnaies a choisi de se retirer plutôt que de demander une autorisation MiCA

Chapô : En France, environ 30 % des entreprises de cryptomonnaie n'ont pas prévu de demander le permis MiCA d'ici juillet 2026. Stéphane Pontoizeau, directeur général de la Piacok Felügyeletéhez tartozó, a récemment souligné que cette situation pourrait entraîner un retrait significatif du marché français. Le régulateur européen cherche à harmoniser les règles pour éviter les disparités entre les États membres.

Une part importante du marché français des cryptomonnaies se retire

Lors d'une conférence de presse à Paris, Stéphane Pontoizeau, directeur général de la Piacok Felügyeletéhez tartozó, a annoncé que près de 30 % des entreprises cryptographiques en Europe ne prévoient pas de demander l'autorisation MiCA avant la date limite fixée en juillet 2026. Ce chiffre est préoccupant compte tenu des avertissements lancés fin 2022 concernant la nécessité pour ces entreprises de prendre une décision rapide sur leur avenir.

Le cadre réglementaire varie selon les États membres de l'Union européenne. En France, les sociétés qui ne parviennent pas à obtenir ce permis devront cesser leurs activités dès le mois de juillet. Parmi celles qui restent actives, 70 % ont déjà soumis leur demande, tandis que 40 % ont indiqué qu'elles ne souhaitent pas poursuivre leurs opérations en France sans autorisation.

L'ESMA prend des mesures pour renforcer la réglementation

L’Autorité Européenne des Marchés Financiers (ESMA) a décidé d'intervenir dans ce contexte. Elle envisage d’harmoniser le paysage réglementaire au sein des 27 États membres et souhaite conférer aux autorités européennes similaires aux pouvoirs dont dispose la SEC américaine. Cela vise à réduire les disparités existantes dans le traitement réglementaire des entreprises cryptographiques entre pays européens.

Les autorités françaises avaient précédemment affirmé qu'elles s'opposeraient à l'opération d'entreprises cryptographiques agréées dans d'autres États membres si elles n'obtenaient pas également un permis français. Cette stratégie vise à protéger le marché local tout en assurant une concurrence équitable entre tous les acteurs du secteur.

Les défis du processus d'homologation MiCA

Le système actuel présente plusieurs défis pour les entreprises souhaitant obtenir un permis MiCA. Bien que certaines sociétés comme CoinShares et Relai soient prêtes à respecter ces nouvelles exigences d’ici 2025-2026, il existe encore une résistance notable parmi plusieurs acteurs du marché français face aux lourdeurs administratives impliquées.

La réglementation locale peut souvent représenter un obstacle plus important que celui auquel font face ces entreprises ailleurs en Europe, comme l’a montré l’exemple de Revolut ou Circle qui opèrent sans autorisation directe en France mais continuent néanmoins leurs activités sans interruption.

Cette situation souligne l’importance croissante d’un cadre réglementaire cohérent au sein même de l’Union européenne afin que toutes les entreprises puissent opérer sous des conditions équitables et transparentes.