Selon Standard Chartered, les Stablecoins représentent un risque plus important pour les banques américaines que reconnu par les régulateurs

Chapô : D'ici 2028, près de 500 milliards de dollars pourraient être transférés des dépôts bancaires vers les pièces stables, selon une estimation de Standard Chartered. Cette transition pose un risque significatif pour les banques régionales qui dépendent fortement des revenus générés par la marge nette d'intérêts. Parallèlement, le projet de loi sur les actifs numériques en cours d'examen pourrait redéfinir l'avenir du secteur bancaire traditionnel.

Les prévisions suggèrent un transfert massif vers les pièces stables

Dans une note partagée avec Decrypt, Geoff Kendrick, responsable mondial des actifs numériques chez Standard Chartered, a indiqué qu'environ 500 milliards de dollars passeront des dépôts bancaires aux pièces stables d'ici 2028. Ce chiffre est moins ambitieux que l'estimation précédente faite par Kendrick en octobre, où il évoquait la possibilité que jusqu'à 1 000 milliards de dollars soient attirés par ce type d'actifs.

Ce changement majeur dans le comportement des consommateurs pourrait avoir un impact considérable sur le système bancaire traditionnel.

Le risque accru pour les banques régionales dépendantes du NIM

Les banques régionales sont particulièrement vulnérables à cette tendance car elles tirent plus de 60 % de leurs revenus de la marge nette d'intérêts (ou NIM). Kendrick a souligné que « si les dépôts diminuent, les revenus du NIM diminueront également », ce qui pourrait nuire à leur rentabilité.

Pour contextualiser, le revenu NIM reflète la différence entre ce que gagnent les banques sur leurs prêts et ce qu'elles paient sur leurs dépôts. Les banques telles que Huntington Bancshares ou M&T Bank se reposent largement sur ce modèle économique.

Une législation potentiellement transformative en vue

Le rapport arrive alors que le Congrès américain discute du Digital Asset Market Clarity Act, ou CLARITY Act. Si adopté avant la fin du premier trimestre 2025, ce projet pourrait établir un cadre réglementaire fédéral pour les actifs numériques et limiter la capacité des détenteurs de pièces stables à gagner un rendement. Cela aurait pour conséquence d’attirer davantage de liquidités hors du système bancaire classique.

Kendrick reste optimiste quant au fait que cette législation atteindra bientôt le bureau du président Donald Trump pour approbation.

Impacts variés selon le type d'institution financière

Bien que certaines institutions comme Goldman Sachs et Morgan Stanley génèrent moins de 20 % de leurs revenus grâce au NIM, cela ne signifie pas nécessairement une mort imminente pour toutes les banques régionales si elles adoptent ces nouvelles pratiques liées aux stablecoins. Kendrick précise : « Si les émetteurs de pièces stables détiennent une part importante de leurs dépôts dans le système bancaire où ces dernières sont émises... il n'y aura pas réduction nette des dépôts ».

Ainsi, même si certains fonds migrent vers ces nouvelles formes d'actifs financiers, il semble possible qu'une partie substantielle reste ancrée dans le secteur bancaire traditionnel grâce à divers mécanismes.

En conclusion, alors que nous nous dirigeons vers une adoption accrue des stablecoins et potentiellement un changement réglementaire significatif aux États-Unis, il sera essentiel pour chaque banque régionale et institution financière d'adapter ses stratégies afin d'atténuer tout impact négatif potentiel sur sa rentabilité future.