Un tiers des entreprises de cryptomonnaie manquent la date limite imposée par l'UE

Chapo : En France, près d'un tiers des sociétés d'actifs numériques n'ont pas encore demandé la licence requise par la réglementation européenne sur les crypto-actifs (MiCA). L'Autorité des marchés financiers (AMF) s'inquiète de cette situation alors que l'échéance pour se conformer approche à grands pas. Les entreprises qui ne respecteront pas la date limite du 1er juillet 2026 devront cesser leurs activités dans l'ensemble de l'Union européenne.

Près d'un tiers des sociétés françaises de cryptographie ignorent les exigences réglementaires

L'Autorité des marchés financiers (AMF), régulateur principal du secteur financier en France, a révélé qu'environ 30 % des sociétés d'actifs numériques sans licence européenne n'ont toujours pas informé le régulateur de leur intention d'obtenir la licence imposée par la réglementation MiCA. Ce cadre réglementaire, entré en vigueur le 30 décembre 2024, exige que tous les fournisseurs de services de crypto-actifs (CASP) opérant au sein de l'Union européenne demandent une autorisation auprès de leur autorité nationale compétente.

Stéphane Pontoizeau, directeur exécutif à l’AMF, a déclaré que parmi les 90 sociétés d’actifs numériques enregistrées en France, seulement 30 % ont déjà soumis une demande et 40 % n'envisagent même pas d'en faire une. Cette situation soulève des préoccupations quant à la conformité générale dans un contexte où certaines entreprises pourraient être moins rigoureuses dans leurs démarches.

Les conséquences pour les entreprises non conformes approchent

Le régime transitoire permet aux CASP de continuer leur activité pendant qu'ils demandent leur licence jusqu'à 18 mois après le 30 décembre 2024, mais cela ne durera que jusqu'au 1er juillet 2026 ou jusqu'à ce que leur demande soit acceptée ou refusée. Les entreprises qui échoueront à obtenir cette licence seront contraintes de mettre fin immédiatement à toutes leurs opérations dans les 27 pays membres.

L'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a également appelé ces sociétés à préparer « des plans de liquidation ordonnée » avant la fin du délai accordé. La pression monte alors que le temps passe et que beaucoup restent silencieuses face aux attentes réglementaires.

Des disparités entre États membres alimentent les inquiétudes

Cette question est exacerbée par le fait que certains pays approuvent plus rapidement les licences CASP, suscitant ainsi une incohérence dans l'application des règles MiCA au sein du bloc européen. Des préoccupations particulières concernent Malte, dont le régulateur a été critiqué pour avoir délivré un nombre élevé de licences sans démontrer suffisamment diligence raisonnable.

Un rapport publié par l’ESMA en juillet dernier a confirmé ces inquiétudes concernant le manque approfondi dans le processus d'autorisation maltais. Cela pourrait inciter l'ESMA à chercher davantage d'autorité sur ce secteur afin d'harmoniser son fonctionnement au niveau européen.

L'avenir réglementaire pourrait changer avec une supervision centralisée

La présidente de l’ESMA, Verena Ross, évoque également un projet visant à transférer plusieurs secteurs, y compris celui des actifs numériques sous sa supervision plutôt qu’à celle des autorités nationales individuelles. Elle souligne que cela favoriserait « un marché des capitaux en Europe plus intégré et compétitif ».

Bien qu'aucune mise en œuvre immédiate ne soit confirmée jusqu'à présent et que la responsabilité reste actuellement aux ANC nationales, il semblerait probable que cette dynamique continue jusqu'à la date limite fixée pour obtenir une licence MiCA ou arrêter définitivement ses opérations dans l’Union européenne.

Avec cette pression croissante sur les entreprises non agréées et un environnement réglementaire inégal au sein du bloc européen, il reste crucial pour chaque société impliquée dans le secteur numérique français d'agir promptement afin d'assurer sa pérennité future sur ce marché vital.