Le volume des cryptomonnaies lié à la traite des êtres humains a augmenté de 85 %

Chapô : En 2025, les flux financiers liés à la traite d'êtres humains et aux activités criminelles utilisant des cryptomonnaies ont connu une augmentation de 85 %. Un rapport de Chainalysis révèle que ces transactions sont souvent organisées via des réseaux de communication comme Telegram, facilitant ainsi la prostitution et d'autres activités illégales. Les stablecoins, en particulier, jouent un rôle central dans ces opérations.

Chainalysis identifie plusieurs catégories principales

Selon Chainalysis, quatre grandes catégories de transactions liées à la traite d'êtres humains émergent :

  • Services d’« escortes internationales » basés sur Telegram
  • Canaux de « placement professionnel »
  • Réseaux de prostitution
  • Acteurs impliqués dans le commerce de contenus représentant des abus sexuels sur enfants (CSAM)

Les modèles de paiement diffèrent selon chaque catégorie. Les réseaux d’escorte et les prostituées utilisent principalement des stablecoins pour leurs transactions, tandis que le Bitcoin est historiquement utilisé dans les activités liées au CSAM, bien que son utilisation diminue au profit d'autres réseaux alternatifs.

Les stablecoins deviennent un moyen privilégié pour les transactions illégales

Chainalysis rapporte que chez les services « escortes internationales », environ 48,8 % des transactions dépassent les 10 000 dollars. Cette proportion suggère une opération beaucoup plus professionnelle et organisée. De plus, le taux d'intérêt parmi les prostituées s'élève à 62 %, avec des montants allant entre 1 000 et 10 000 dollars.

Ces réseaux fonctionnent comme une plateforme sécurisée permettant des conversions rapides entre stablecoins et monnaies locales. Le rapport souligne également l'existence de schémas liés au travail forcé ou au recrutement illégal dans certains centres frauduleux du Sud-Est asiatique.

Risques et preuves identifiés par Chainalysis

Chainalysis se positionne comme un acteur majeur dans l’analyse des mouvements financiers en cryptomonnaie. Grâce à sa technologie avancée, il peut suivre toutes les transactions qui laissent une empreinte numérique identifiable contrairement aux paiements en espèces.

Le rapport met en lumière divers modèles de risque pouvant être utilisés par les autorités pour surveiller ces activités suspectes. Ces indicateurs incluent notamment :

  • Des paiements réguliers importants vers certains fournisseurs
  • Des volumes significatifs passés par des plateformes « garanties »
  • Des schémas caractéristiques concernant la conversion de stablecoins

Ces éléments peuvent aider à identifier des clusters de wallets interconnectés associés à diverses activités illégales.

Le rapport complet est disponible pour téléchargement afin d’évaluer comment ces tendances pourraient évoluer face aux restrictions croissantes sur l’utilisation illégale des cryptomonnaies.