2025, L'année où le secteur des actifs numériques a enfin obtenu une clarté réglementaire ?
Chapô : L'année 2025 a marqué des avancées significatives dans le domaine des actifs numériques, influencées par l'administration du président américain Donald Trump. Malgré une législation limitée, les États-Unis ont vu des initiatives notables et un soutien croissant à l'innovation dans ce secteur. D'autres pays, comme le Royaume-Uni et le Nigeria, ont également fait des progrès variés en matière de réglementation.
Les États-Unis progressent en matière de régulation numérique
L'année 2025 a été marquée par une évolution dans la réglementation des actifs numériques aux États-Unis, notamment sous l'impulsion du président Donald Trump, qui a pris ses fonctions en janvier. Trump a mis en avant sa plateforme pro-crypto avec plusieurs décrets exécutifs, dont celui concernant la création d'une Réserve Stratégique de Bitcoin et l'interdiction d'une monnaie numérique émise par la banque centrale (CBDC) aux États-Unis.
Bien que ces actions aient eu pour effet de dynamiser le débat autour des stablecoins, peu de réformes législatives ont abouti. Le climat politique polarisé a conduit à un blocage au Congrès, illustré par un shutdown gouvernemental record entre octobre et novembre 2025.
Cependant, deux lois importantes ont été adoptées : le GENIUS Act, qui clarifie la situation sur les stablecoins, ainsi que d'autres propositions telles que le CLARITY Act et l’Anti-CBDC Surveillance State Act. Ces développements montrent qu'après plusieurs années de stagnation réglementaire, une certaine clarté commence enfin à émerger.
Le Royaume-Uni s'inspire du modèle américain pour sa propre régulation
En parallèle avec les initiatives américaines, le Royaume-Uni commence également à évoluer vers une réglementation plus structurée des actifs numériques. Sous le gouvernement du Premier ministre Kier Starmer, les annonces faites en décembre 2025 indiquent qu'un cadre législatif sera soumis au parlement pour permettre au régulateur financier britannique de superviser ce secteur.
Cette orientation est renforcée par la volonté du Royaume-Uni d'établir un statut d'hub digital face aux opportunités offertes par la hausse récente du Bitcoin atteignant plus de 125 000 dollars en octobre. La Financial Conduct Authority (FCA) s'est engagée à consulter sur son approche tout en fixant des objectifs ambitieux pour soutenir les stablecoins libellés en livres sterling.
L'Asie-Pacifique connaît une adoption rapide mais reste désorganisée
La région Asie-Pacifique (APAC) se distingue comme étant celle où l’adoption des crypto-actifs progresse rapidement ; néanmoins, elle peine à établir un cadre réglementaire clair. En Inde, malgré quelques discussions prometteuses sur une réglementation complète début juin 2025, aucune avancée significative n’a été réalisée d'ici septembre.
À contrario, le Vietnam fait figure d'exception positive grâce à son engagement envers la technologie numérique et son initiative visant à légaliser les actifs numériques via la Loi sur l'industrie technologique numérique adoptée en juin. Cette loi définit clairement les droits de propriété liés aux actifs numériques tout en mettant en place un programme pilote pour créer un marché régulé.
Le Nigeria établit un précédent avec sa nouvelle législation
Le Nigeria est reconnu comme une juridiction clé dans l’adoption des crypto-actifs après avoir adopté la loi sur les investissements et valeurs mobilières (ISA) dès mars 2025. Cette loi reconnaît officiellement les actifs virtuels comme titres financiers nécessitant désormais une licence délivrée par leur SEC locale pour opérer légalement.
Malgré cette avancée notable vers davantage de clarté réglementaire selon PriceWaterhouseCooper – « Virtual and digital assets can expand Nigeria’s investor base » – il subsiste encore beaucoup d'incertitudes quant à l'octroi effectif de licences nécessaires aux entreprises souhaitant s’engager dans ce secteur dynamique.
Une année charnière sans réelle concrétisation législative globale
En rétrospective sur 2025, bien que plusieurs pays aient pris conscience du besoin urgent d’une réglementation solide autour des actifs numériques inspirés principalement par U.S., peu sont ceux ayant réellement mis ces principes en application concrète. Alors que seul le Nigéria a réussi à faire passer une législation substantielle comparativement aux autres grandes juridictions crypto-mondiales telles que le Royaume-Uni ou l’Inde qui restent bloquées entre discussions et promesses non tenues.
L’année pourrait donc être perçue comme celle où l’urgence de progresser vers davantage de certitude réglementaire s’est accentuée sous différents gouvernements mondiaux, laissant espérer qu’en 2026 certaines mesures concrètes soient enfin mises sur pied pour rassurer acteurs économiques et investisseurs face au potentiel croissant du marché numérique global.
