BitRiver, le principal acteur de la crypto en Russie, fait face à une possible faillite avec son PDG placé sous assignation
Chapô : BitRiver, la première société minière de crypto-monnaie en Russie, fait face à un risque de faillite après l'ouverture d'une procédure d'insolvabilité contre son actionnaire majoritaire, Fox Group. Le fondateur Igor Runets a été assigné à résidence pour fraude fiscale dans ce contexte difficile. Cette situation découle d'un litige concernant des équipements non livrés évalués à environ 9,2 millions de dollars.
Un tribunal arbitral ouvre une procédure de faillite contre Fox Group
BitRiver, considérée comme la plus grande société minière de crypto-monnaie en Russie, est confrontée à une éventuelle faillite. Un tribunal d'arbitrage régional a lancé une mise en faillite contre le groupe Fox, qui détient 98 % du capital autorisé de BitRiver. Cette décision a été prise le 27 janvier, suite à une plainte déposée par Infrastructure of Siberia, une filiale du groupe En+. Selon les documents judiciaires rapportés par Kommersant, cette plainte concerne un litige sur des équipements.
Litige financier autour d'équipements non livrés
Le conflit provient d'un contrat où Infrastructure of Siberia aurait versé plus de 9,2 millions de dollars (700 millions de roubles) à BitRiver pour des équipements qui n'ont jamais été fournis. Après l'annulation du contrat due au manquement dans la livraison des équipements, la procédure judiciaire n'a pas permis la récupération des actifs réclamés.
Assignation à résidence et accusations pour fraude fiscale
Igor Runets, le fondateur et PDG de BitRiver, a été assigné à résidence par un tribunal de district moscovite sous accusation de fraude fiscale, selon plusieurs médias locaux. L'impact potentiel sur l'entreprise pourrait être significatif alors que les autorités tentent d'évaluer sa situation financière.
Sanctions et gel des comptes affectent les opérations
Dans le cadre du litige actuel, il semblerait que les comptes associés aux sociétés BitRiver aient été gelés. Cela complique davantage ses opérations déjà affaiblies par les sanctions imposées depuis 2022 par les États-Unis. De plus, Rosseti Sibérie cherche à récupérer environ 60 000 $ (5,4 millions de roubles) liés à des factures impayées auprès de BitRiver.
Les complications se multiplient pour l'entreprise avec des rapports indiquant qu'elle ne peut même pas produire les documents nécessaires pour suivre certaines procédures judiciaires. Des départs massifs parmi ses dirigeants ont également été signalés ainsi que la fermeture progressive de bureaux.
Contexte économique et impact international sur BitRiver
La société est sous sanctions américaines depuis avril 2022 lorsque l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) a inclus BitRiver sur sa liste noire après l'invasion russe en Ukraine. Ces sanctions visent principalement le modèle économique basé sur l'exploitation minière grâce aux ressources énergétiques russes bon marché tout en étant vulnérable aux restrictions liées aux fournitures importées.
BitRiver était perçue comme un acteur clé aidant la Russie à « monétiser ses ressources naturelles » via ses infrastructures minières internationales avant que ces événements ne viennent perturber son fonctionnement normal.
L’avenir immédiat semble incertain alors que l’entreprise navigue entre défis juridiques et économiques majeurs tandis qu’elle tente désespérément d’éviter une faillite formelle qui pourrait avoir des répercussions profondes tant au niveau national qu’international.
