Les cryptomonnaies attirent des fonds, mais les institutions financières européennes demeurent prudentes

Chapô : Une récente étude de Bitpanda révèle que la demande pour les services liés aux cryptomonnaies en Europe est sous-estimée par les institutions financières. Moins d'un fournisseur sur cinq propose des produits d'actifs numériques, alors que l'intérêt des investisseurs croît considérablement. Les banques semblent hésiter à intégrer ces nouvelles technologies, ce qui pourrait leur coûter cher à long terme.

Les banques sont prudents malgré la montée en puissance des cryptomonnaies

Le rapport de Bitpanda met en lumière le marché européen des actifs numériques et offre une analyse approfondie de l'état d'esprit des investisseurs et institutions financières. Plus de 10 000 particuliers et investisseurs institutionnels ont été interrogés dans 13 pays européens, révélant plusieurs conclusions surprenantes.

D'après le rapport, l'appétit pour les actifs numériques ne cesse de croître : plus de 16% des investisseurs particuliers et plus de 40% des investisseurs institutionnels possèdent déjà des cryptomonnaies. Parmi ceux-ci, 12% supplémentaires chez les particuliers et 18% chez les professionnels prévoient d'accroître leurs investissements à l'avenir.

Les répondants partagent une vision positive du marché : 27% des particuliers et plus de la moitié des investisseurs institutionnels estiment que les cryptomonnaies prendront une importance accrue dans les trois prochaines années. Sur ce point, il convient de noter qu'une majorité écrasante (80%) des institutions financières reconnaissent également cette tendance.

« Les investisseurs partagent généralement la reconnaissance du potentiel de croissance des actifs numériques ».

Cependant, malgré cet optimisme général, il semble que ces mêmes institutions ne comprennent pas suffisamment leurs clients ni le marché, sous-estimant ainsi la véritable demande. Actuellement, seulement un peu plus d'un tiers (33%) proposent effectivement des services liés aux cryptos en Europe, avec une proportion encore plus faible se limitant à environ 19%.

Les institutions européennes minimisent le secteur crypto

L'étude montre clairement que les institutions financières européennes sous-évaluent significativement le secteur crypto, offrant peu de produits face à une demande toujours croissante parmi les investisseur.e.s privés et professionnels. La plupart s'accordent à dire que ce secteur va devenir essentiel au fur et à mesure que davantage d'investisseurs adopteront ces nouveaux actifs.

Pourtant, certaines banques affirment que moins de 20% de leur clientèle s'intéresse aux cryptomonnaies, suggérant un écart potentiel d'environ 30% entre la perception réelle et l'appétit du marché. Selon Enzersdorfer-Konrad, « Les banques qui n'intègrent pas les cryptomonnaies dans leurs services prennent un risque énorme » tout en risquant ainsi de perdre significativement leurs revenus.

Avec l'entrée en vigueur depuis janvier 2025 du règlement Mica visant à établir un cadre réglementaire clair pour ces actifs numériques, cela ouvre potentiellement la voie vers leur intégration au sein même du système bancaire traditionnel.

Les craintes freinent l'adoption par les établissements financiers

Malgré un intérêt croissant pour les services liés aux crypto-actifs parmi certains établissements financiers interrogés, divers facteurs freinent leur adoption :

  • Un tiers cite le risque lié à leur réputation.
  • 21% évoquent un manque d'expertise internes.
  • Enfin, 14% se disent freinés par un manque de ressources nécessaires pour développer ces offres.

Face aux préoccupations concernant la sécurité ou encore la complexité associée au déploiement autonome, près de 47% préfèrent collaborer avec partenaires reconnus afin d'offrir ces services sécurisés.

Une disparité notable entre investisseurs institutionnels et particuliers

Il existe une distinction marquée entre comportements d'investissement chez les acteurs publics versus privés selon Bitpanda. Bien qu'ils reconnaissent tous deux le potentiel lié aux actifs numériques il apparaît clairement que les particuliers restent globalement plus réservés.

La confiance affichée par certains acteurs économiques se traduit par le fait qu'ils sont bien plus nombreux (plus du double) à considérer les cryptomonnaies comme classe d'actifs distincte comparativement aux individus lambda.

Parmi eux :

  • Moins de 10% détiennent actuellement ces types d'actifs,
  • Tandis qu'une proportion similaire indique n'avoir aucune intention future d'en acquérir davantage.

L'écart entre différentes classes sociales joue aussi son rôle ; ainsi ceux disposant d'un patrimoine supérieur ou égal à 100 000 euros montrent souvent davantage d'enthousiasme envers cette opportunité financière (50% contre seulement 30% pour ceux ayant moins).

Un appel urgent pour adapter rapidement l'offre bancaire face au changement

Il demeure impératif pour chaque établissement financier concerné de réagir proactivement avant qu'il ne soit trop tard afin d'éviter tout désavantage concurrentiel substantiel sur ce segment crucial émergent.

Plein rapport accessible ici.