Le dollar est à son plus bas en quatre mois, tandis que l'or frôle les 5 000 dollars après un vote sur le risque politique
Publié le 27 janvier 2026
Le marché des devises subit des bouleversements notables avec un dollar américain atteignant son plus bas niveau en quatre mois et l’or dépassant les 5 000 dollars l'once troy. Ces mouvements sont interprétés par Nigel Green, PDG du groupe deVere, comme un indicateur de la réévaluation du risque politique, notamment en raison d'une incertitude croissante à Washington et sur la scène géopolitique. Ils soulignent également une tendance vers une diversification des réserves monétaires mondiales.
La chute du dollar témoigne d’une instabilité politique croissante
Le dollar a chuté à son plus bas niveau depuis quatre mois, tandis que l'or a franchi pour la première fois le seuil des 5 000 dollars l’once troy. Cette dynamique est liée à des spéculations sur une intervention conjointe entre les États-Unis et le Japon pour soutenir le yen. Selon Nigel Green : « Les marchés réagissent aux spéculations sur une éventuelle intervention conjointe... déclenchant une rotation du dollar vers les actifs durables ». L'affaiblissement du dollar est exacerbé par la hausse du yen qui atteint environ 153 ¥ pour un dollar, alimentée par ces mêmes attentes d'intervention coordonnée.
L’incertitude budgétaire contribue à la faiblesse du dollar
Les inquiétudes concernant un potentiel arrêt gouvernemental aux États-Unis et les tensions géopolitiques renforcent cette tendance baissière. Comme le souligne Nigel Green : « L’hypothèse selon laquelle le dollar se renforce automatiquement pendant les périodes d’incertitude est remise en question ». Il ajoute que « l’imprévisibilité des politiques pousse les investisseurs à diversifier leurs réserves loin de la concentration sur le dollar ».
La demande pour l’or reflète une recherche de sécurité
Avec ces fluctuations, nous assistons à un rallye important de l’or, considéré comme un actif sûr sans risque de contrepartie ou budgétaire. Green déclare : « L'or passe d'une couverture contre les risques extrêmes à un actif macroéconomique de base ». Cela montre que tant les banques centrales que les investisseurs privés augmentent leur réserve d'or dans ce contexte volatile.
Une nouvelle approche envers la gestion monétaire mondiale émerge
Les spéculations selon lesquelles Washington pourrait favoriser un affaiblissement contrôlé du dollar afin de soutenir ses exportations ajoutent une dimension inédite au marché des devises. La volatilité accrue générée par cette situation pourrait entraîner des changements significatifs dans divers secteurs financiers. Green explique : « Si les signaux politiques pointent vers un dollar plus faible...la volatilité augmente sur les devises, matières premières et actions ». Cela indique également que la politique monétaire devient intrinsèquement liée à la stratégie industrielle.
Vers un système monétaire mondial multipolaire
Il apparaît qu'un changement progressif s'opère vers une diversité dans le système monétaire mondial, où plusieurs monnaies locales pourraient être privilégiées pour régler des échanges commerciaux. Cette évolution implique également que « Le dollar reste dominant, mais sa domination est contestée », souligne Nigel Green. Pour conclure, ces transformations ont d'importantes implications financières : elles pourraient profiter aux marchés émergents tout en augmentant la volatilité globale sur diverses plateformes d'investissement. Les acteurs économiques doivent donc adapter leurs portefeuilles face à cette nouvelle réalité où « la crédibilité politique a un prix » . « L'or à 5 000 dollars et la chute du dollar reflètent une réévaluation du risque », conclut Green, mettant ainsi en lumière l'émergence d'un monde financier partagé plutôt qu'assumé autour de quelques grandes puissances monétaires.
