Les États-Unis ont-ils dérobé 15 milliards de dollars en Bitcoin à un roi chinois escroc ? Découvrez comment cela s'est produit.

Le 7 janvier, Chen Zhi, fondateur du groupe cambodgien Prince Holding, a été extradé vers la Chine après son arrestation au Cambodge. Sa chute soulève de nombreuses questions, notamment sur le sort des 15 milliards de dollars en Bitcoin qu'il aurait perdus dans une cyberattaque. Alors que les États-Unis annoncent avoir saisi 127 271 Bitcoins liés à Chen, des accusations émergent concernant un possible piratage parrainé par l'État.

Les États-Unis annoncent une saisie record de Bitcoin

En octobre 2025, les procureurs américains ont déclaré avoir saisi 127 271 Bitcoins appartenant à Chen Zhi. Cette confiscation a été qualifiée de « record » pour une affaire liée à la crypto-monnaie. Les autorités américaines et britanniques ont également imposé des sanctions contre 146 personnes et entités associées au groupe Prince, marquant une vaste opération contre la fraude en cryptomonnaies. Ce développement a renforcé l'image de Chen comme un « crypto-criminel » aux yeux de la justice américaine.

Une cyberattaque dévastatrice en décembre 2020

À la fin décembre 2020, le pool minier Bitcoin de Chen a subi une attaque qui lui a coûté plus de 127 000 Bitcoins, équivalant alors à environ 4 milliards de dollars. En réponse à cette perte tragique, il aurait publié plus de 1 500 messages proposant des récompenses substantielles pour récupérer ses fonds volés, mais aucune restitution n'a eu lieu.

Des comportements suspects lors du vol des Bitcoins

Un rapport du Centre national chinois d'urgence face aux virus informatiques (CVERC) publié en novembre 2025 révèle que les Bitcoins volés sont restés inactifs pendant près de quatre ans avant d'être transférés vers d'autres adresses en mi-2024. Le rapport souligne : « Ce comportement est évidemment incompatible avec celui des pirates informatiques typiques qui cherchent de toute urgence à encaisser ». De plus, Arkham Intelligence a identifié ces nouvelles adresses comme appartenant potentiellement au gouvernement américain.

Le silence persistant du ministère américain de la Justice

Face aux allégations chinoises concernant le piratage présumé par les États-Unis pour obtenir les clés privées permettant d'accéder aux Bitcoins volés, le ministère américain n’a pas émis un mot. L’acte d’accusation déposé dans le district Est de New York traite plusieurs crimes attribués à Chen mais laisse dans l'ombre comment ces clés ont pu être obtenues.

Une perception hostile envers Washington

La presse d'État chinoise décrit cette situation comme étant « 黑吃黑 (noir mangeant du noir) », évoquant ainsi un conflit entre criminels où chacun tente d'exploiter l'autre. Le Beijing Daily écrit : « Les États-Unis ont saisi le Bitcoin de Chen Zhi sans aucune mention de la restitution des fonds aux victimes mondiales... derrière le masque de la 'police mondiale', ils veulent simplement prendre leur part ».

Les véritables victimes oubliées dans ce conflit international

Au milieu des tensions entre Washington et Pékin se trouvent des milliers d'individus ayant subi des arnaques orchestrées par le groupe Prince sous Chen Zhi. Selon certaines estimations du département du Trésor américain, ces opérations frauduleuses auraient causé près 10 milliards dollars pertes parmi les victimes américaines rien que l'année dernière. Bien que théoriquement les 15 milliards récupérés puissent servir à indemniser ces victimes, aucune annonce officielle n'a été faite concernant leur restitution.

En décembre 2025, la citoyenneté cambodgienne a été révoquée pour Chen et sa banque Prince Bank mise en liquidation, témoignant ainsi rapide effondrement empire financier qu’il avait bâti en quelques mois.

Tandis que certains aspects restent flous quant au piratage impliquant potentiellement un État acteur ou non dans cette affaire complexe autour du Bitcoin et ses enjeux sécuritaires croissants continuent d'intriguer tant spécialistes que grand public.