L'Europe considère une « arme stratégique » tandis que Trump intensifie ses actions envers le Groenland
L'Europe envisage d'utiliser les marchés de capitaux comme mesure de réaction contre le président Trump au sujet du Groenland, selon un avertissement du PDG de DeVere Group. Des mesures de rétorsion pouvant atteindre jusqu'à 93 milliards d'euros pourraient être mises en place, suscitant des inquiétudes quant aux perturbations financières. Nigel Green souligne que cette situation pourrait transformer les marchés financiers en outils géopolitiques, avec des conséquences potentiellement graves sur la confiance et la stabilité économique.
Les menaces commerciales entre l'Europe et les États-Unis se renforcent
Alors que l'Union européenne évalue son instrument anti-coercition, elle pourrait répondre à l'avertissement de Trump concernant les droits de douane qui pourraient atteindre 25 % si un accord impliquant le Groenland n'est pas trouvé. La présence imminente de Trump au Forum économique mondial à Davos devrait recentrer l'attention sur ce conflit, habituellement dominé par la stabilité.
« Si les Européens font exploser l’instrument anti-coercition, il ne s’agira plus d’un conflit commercial », prévient Nigel Green. « Les marchés de capitaux eux-mêmes seraient transformés en armes pour devenir un outil de pression géopolitique », ajoute-t-il.
L'impact potentiel des mesures économiques sur les marchés mondiaux
Green explique que l'Europe détient environ 8 000 milliards de dollars d'obligations et d'actions américaines, faisant d'elle le principal créancier extérieur des États-Unis. Cela lui conférerait une influence significative : « Cette exposition donnerait à l'Europe une influence que les tarifs douaniers ne pourraient jamais égaler », affirme-t-il.
Cependant, il souligne également que « Les marchés de capitaux n'obéissent pas aux instructions politiques » et qu'une telle manœuvre pourrait engendrer davantage d’instabilité plutôt qu’une solution efficace.
Les défis structurels auxquels fait face l'Europe dans cette crise
Nigel Green met également en avant un problème structurel majeur : aucune alternative crédible ne semble exister pour déplacer massivement ces capitaux loin des États-Unis. Les marchés asiatiques manquent encore de profondeur nécessaire pour soutenir ce mouvement financier massif.
« L’Europe n’aurait pas à choisir entre les États-Unis et un substitut propre », déclare Green, tout en avertissant que toute action contre les marchés américains aurait des retombées négatives pour l’Europe elle-même.
Une incertitude croissante due à une possible escalade du conflit
L'instrument anti-coercition est inexploré et ses délais procéduraux pourraient prolonger l'incertitude sur les marchés financiers. « Cela étendrait le risque politique sur des semaines ou des mois », estime Nigel Green, ajoutant que « Les marchés n’aiment rien d’autre que les pressions non résolues ».
La position actuelle du président Trump face aux tensions internationales
Avec sa présence prévue à Davos, Trump devrait afficher une position ferme plutôt qu'un compromis face aux tensions commerciales croissantes avec l’Europe. DeVere conclut qu’envisager sérieusement ces options représente un tournant dans la façon dont Europe peut répondre aux provocations américaines.
« Ce serait l'Europe qui signalerait que les représailles commerciales conventionnelles ne suffisent peut-être plus », conclut Nigel Green. Il met ainsi en lumière la gravité croissante du différend lié au Groenland et son impact potentiel sur la dynamique commerciale mondiale.
