« Genius Act : Comment drainer 6,6 trillions de dollars des banques américaines »
Chapô : La loi GENIUS de 2025 suscite de vives inquiétudes parmi les banques américaines, qui estiment qu'elle pourrait retirer 6 600 milliards de dollars du système bancaire. Un groupe influent de prêteurs a alerté le Congrès sur des failles majeures dans la réglementation des stablecoins, menaçant ainsi la stabilité financière. Alors que la capitalisation boursière des stablecoins atteint 317,8 milliards de dollars, l'avenir de ces actifs numériques est incertain.
La loi GENIUS et ses implications pour les stablecoins
La loi GENIUS, adoptée en juillet 2025, interdit aux émetteurs de stablecoins d'offrir des intérêts. Cependant, le Bank Policy Institute (BPI) et une coalition d'importants groupes bancaires ont fait savoir que certaines sociétés affiliées contournent cette règle en proposant des rendements attractifs. Cette situation soulève des craintes quant à un changement radical dans la manière dont les Américains gèrent leur argent.
La transition des stablecoins d'un simple outil de paiement vers un investissement à haut rendement pourrait entraîner une migration massive des dépôts bancaires. Le BPI prévient que cela ne nuirait pas seulement aux bilans bancaires mais pourrait également restreindre l'accès au crédit pour les consommateurs cherchant à obtenir des prêts hypothécaires ou commerciaux.
Les critiques entourant la loi GENIUS
Durant les débats précédant l'adoption de la loi, la représentante Marjorie Taylor Greene s'est opposée fermement à son contenu. Elle a déclaré : « En juillet, j'ai voté NON à la loi GENIUS car elle contenait une porte dérobée vers une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). » Greene a ajouté : « Je soutiens la cryptographie, mais je ne soutiendrai jamais le fait de donner au gouvernement la possibilité de désactiver votre capacité à avoir le contrôle total de votre argent et à acheter et vendre. »
Ces critiques mettent en lumière que malgré son adoption récente, plusieurs lacunes persistent dans cette législation cruciale.
L'importance d'une régulation équilibrée pour les actifs numériques
Douglas Holtz-Eakin, président du American Action Forum, a récemment exprimé ses préoccupations concernant l'approche limitée du GENIUS Act en se concentrant uniquement sur les pièces stables. Il a noté : « Le problème avec une approche de type GENIUS Act est qu'elle se concentre uniquement sur les pièces stables », ce qui nuit à l'équilibre concurrentiel entre différents mécanismes de paiement.
Holtz-Eakin suggère qu’une approche plus complète serait nécessaire pour traiter toutes les formes d'actifs traditionnels et numériques équitablement afin d'encadrer efficacement ce secteur en pleine expansion.
La dynamique croissante du marché des stablecoins
Actuellement, la capitalisation boursière totale du marché des stablecoins s'élève à 317,8 milliards USD, dominée par deux acteurs majeurs : Tether (USDT) avec environ 187 milliards USD, et l’USDC qui a connu une hausse impressionnante de 73 % au cours de l'année écoulée pour atteindre 75 milliards USD.
Alors que ces actifs continuent leur ascension fulgurante grâce aux rendements élevés offerts par certains échanges cryptographiques, leur attrait pourrait rapidement diminuer si le Congrès impose davantage restrictions sur leurs fonctionnalités rémunératrices.
Cette évolution soulève donc une question essentielle : si ces récompenses disparaissent-elles vraiment ? Les investisseurs continueront-ils à maintenir leurs fonds dans un système où l'intérêt n'est plus garanti ?
Les enjeux réglementaires face au système bancaire parallèle crypto
Le constat est sans appel : il existe désormais un risque systémique lié aux lacunes dans la régulation autour du stablecoin qui ne peut être ignoré par le secteur bancaire traditionnel. Avec déjà 317 milliards USD placés dans ces actifs numériques émergents, le Congrès doit prendre position sur comment gérer cette crise potentielle tout en évitant l'établissement d'un régime bancaire fantôme basé sur les crypto-monnaies.
Les décisions prises prochainement seront cruciales pour déterminer si ce secteur continuera d'évoluer sous forme parallèle ou sera intégré harmonieusement dans le paysage financier traditionnel.
