L'Inde renforce les exigences KYC pour les utilisateurs de cryptomonnaies selon de nouvelles régulations

L'Inde a récemment renforcé ses règles de connaissance du client (KYC) pour les utilisateurs de crypto-monnaie, imposant des mesures strictes lors de l'intégration. Ces nouvelles directives exigent des selfies en direct et un suivi IP pour tous les nouveaux utilisateurs. Les plateformes devront également mettre à jour les KYC tous les six mois ou chaque année selon le profil de risque.

Des exigences KYC plus rigoureuses pour les utilisateurs

La cellule de renseignement financier (CRF) indienne a mis en place de nouvelles exigences pour l'intégration des utilisateurs sur les plateformes de crypto-monnaie. À partir d'aujourd'hui, chaque nouvel utilisateur doit soumettre un selfie en direct avec géolocalisation et vérification par IP, afin de confirmer leur présence physique. Ce processus vise à éviter l'utilisation d'images statiques qui pourraient être falsifiées. Les utilisateurs doivent également fournir une pièce d'identité émise par le gouvernement, comme un passeport ou une carte d'électeur, ainsi qu'une vérification de leur adresse e-mail et numéro de portable. De plus, avant d'accéder aux services, une petite transaction test sera réalisée sur le compte bancaire associé.

Mises à jour KYC fréquentes basées sur le risque

Les mises à jour du KYC devront avoir lieu tous les six mois pour ceux jugés comme clients à haut risque et annuellement pour les autres clients. Cette décision est prise dans un contexte où deux grandes bourses indiennes ont subi des violations majeures au cours des dernières années. En 2024, la bourse WazirX a perdu environ 235 millions de dollars suite à une violation importante qui a perturbé ses opérations. L'année suivante, CoinDCX a été victime d'un piratage entraînant la perte de 44 millions de dollars, bien que cette attaque ait ciblé un portefeuille interne et non celui des clients.

Opposition aux outils améliorant la confidentialité

La CRF a réaffirmé son opposition aux outils cryptographiques favorisant l'anonymat tels que les mélangeurs et tumblers. Elle souhaite « décourager fortement » les offres initiales de pièces (ICO) et jetons (ITO), considérées comme présentant des risques accrus liés au blanchiment d'argent et au financement du terrorisme. Ainsi, toutes les entités enregistrées sont tenues d'appliquer des mesures strictes afin d'empêcher toute transaction impliquant ces actifs anonymes ou non réglementés.

Une réglementation stricte impacte l'industrie crypto

L'Inde est devenue l'une des juridictions avec la réglementation crypto la plus stricte après avoir instauré un impôt forfaitaire de 30 % sur les gains provenant des transactions sur actifs numériques tout en interdisant la compensation des pertes. Beaucoup dans ce secteur affirment que cela freine son potentiel majeur. Depuis mars 2023, lorsque la CRF a intégré fournisseurs de services d'actifs numériques dans son cadre légal anti-blanchiment, elle continue sa progression vers une conformité obligatoire pour toutes bourses opérant dans le pays. Au total, 49 entités se sont enregistrées entre 2024-2025 sous cette loi. Malgré ces avancées réglementaires, certaines agences telles que la Reserve Bank of India restent sceptiques vis-à-vis des crypto-monnaies qu'elles considèrent toujours comme étant à haut risque tant pour le système financier que pour la stabilité macroéconomique nationale.