Des milliards de chiffre d'affaires malgré les sanctions
Chapô : En 2025, l'utilisation des cryptomonnaies par des États sous sanctions, notamment l'Iran, a pris de l'ampleur. Une étude de Chainalysis révèle que ces transactions visent principalement à contourner les restrictions financières. Le rapport met également en lumière le rôle croissant des stablecoins dans des activités illégales.
L'Iran et ses transactions cryptographiques en chiffres
Selon Chainalysis, l’Iran, via son corps militaire, les Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), a réalisé un volume légal de 2 milliards de dollars en cryptomonnaies en 2025. Ces opérations visaient principalement à maintenir des réseaux financiers pour contourner les sanctions économiques et soutenir diverses activités criminelles. Il est important de noter que ce chiffre ne reflète pas intégralement toutes les transactions effectuées, car il exclut certaines données non identifiables sur la base des listes de sanctions américaines.
L’entité terroriste associée à l’Iran collabore avec d’autres groupes comme le Hezbollah, le Hamas ou encore les milices yéménites pour utiliser ces outils numériques pour le transfert et la conversion d'argent.
La hausse des transactions illégales en cryptomonnaies dans le monde
En 2025, on observe une augmentation significative du volume des transactions illégales en cryptomonnaies au niveau mondial. Toujours selon Chainalysis, cette année-là a vu circuler un montant légal estimé à 154 millions de dollars contre 162 millions supplémentaires qui n'étaient pas déclarés. Cette tendance s'explique par la perception croissante que les monnaies numériques offrent une alternative aux risques bancaires traditionnels tout en permettant aux acteurs du marché d'éviter certains types d'insolvabilité.
Les stablecoins jouent également un rôle majeur dans ces transactions illégales, car leur valeur est souvent liée au dollar américain. Cela leur confère une fonction quasi monétaire pour financer divers types d'activités criminelles.
Modèles russes et nord-coréens autour des cryptoactifs
Le rapport indique qu’en 2025, la majorité des activités traçables sur blockchain liées à des acteurs sous sanctions provenaient de la Russie. Les échanges liés au token indexé sur le rouble ont été évalués par Chainalysis à environ 93 millions de dollars légaux réalisés dans ce cadre spécifique. En revanche, la Corée du Nord obtient principalement ses fonds grâce à des cyberattaques : un groupe lié à Pyongyang aurait volé environ 2 milliards de dollars en actifs numériques avec toujours plus d'ingéniosité.
Réseaux chinois impliqués dans le blanchiment d'argent et criminalité organisée
Un élément commun entre ces modèles est que les cryptoactifs facilitent rapidement les transferts transnationaux tout en permettant aux utilisateurs d'effacer leurs traces grâce à plusieurs couches intermédiaires. En effet, beaucoup se sont orientés vers la création « en tant que service » pour proposer des solutions professionnelles destinées au blanchiment d’argent depuis plusieurs années déjà.
Ces structures ne se contentent pas simplement d'aider aux fraudes ou aux escroqueries ; elles soutiennent aussi le contournement des sanctions internationales ainsi que le financement du terrorisme ou encore le nettoyage d'actifs volés issus du piratage informatique.
Une alerte émise par Chainalysis souligne aussi l'interconnexion entre monnaies digitales et crimes violents tels que la traite humaine, posant ainsi un défi accru pour régulateurs et participants du marché face à cette évolution rapide du paysage financier mondial.
