L'ONU alerte sur le risque d'effondrement du Soudan alors que les RSF prennent le dernier bastion des SAF

Chapô : La prise d'El Fasher par les Forces de soutien rapide (RSF) le 26 octobre 2025 marque un tournant tragique dans la guerre au Soudan, entraînant une crise humanitaire sans précédent. Les chiffres révélés par l'ONU sont alarmants : plus de 1 800 civils morts et près de 327 000 nouveaux déplacés. Face à cette situation dévastatrice, l'absence de protections pour les civils soulève des questions sur l'avenir du pays.

La chute d’El Fasher a marqué la fin des espoirs pour les SAF

Le siège d’El Fasher a duré 14 mois, mais il s'est effondré en seulement 25 jours après que les RSF ont capturé l'aérodrome d'Al-Fula le 1er octobre 2025. Ce coup décisif a privé les Forces armées soudanaises (SAF) de leurs dernières lignes d’approvisionnement, rendant leur défense impossible. L'assaut final impliquait 4 500 combattants des RSF, utilisant 120 véhicules blindés et 30 pièces d'artillerie, laissant le général Abdel Fattah al-Burhan désarmé et sans options.

Une catastrophe humanitaire se développe avec des conséquences terrifiantes

La situation à El Fasher est critique : selon le Syndicat des médecins soudanais, 89 % des établissements de santé ont été détruits. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) informe qu’en seulement une semaine, plus de 327 000 personnes ont fui la ville. Près de 93 % de sa population pré-guerre a disparu, tandis que ceux qui restent font face à une malnutrition infantile atteignant 32,7 %, presque deux fois plus que le seuil d'urgence fixé par l'OMS. À cela s'ajoute un rapport inquiétant du Programme alimentaire mondial indiquant que 24,3 millions de Soudanais affrontent une insécurité alimentaire aiguë.

Les violences sexuelles exacerbent encore cette crise ; Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits humains, a enregistré 478 cas durant le siège, dont une grande majorité imputée aux RSF.

L’absence totale de protection pour les civils aggrave la situation

L'échec total à protéger les civils est alarmant. La mission hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) a terminé son mandat fin décembre 2024 et UNITAMS a suspendu toutes ses opérations au Darfour le 27 octobre 2025, laissant un vide sécuritaire complet. Actuellement, les RSF contrôlent désormais environ 97,3 % du territoire du Darfour alors que les SAF ne tiennent plus que quelques garnisons isolées.

La livre soudanaise continue sa chute libre avec une perte notable : elle a perdu près de 47,8 % de sa valeur face au dollar en octobre dernier.

Les sanctions internationales deviennent inévitables après l’échec diplomatique

Les récents pourparlers à Djeddah se sont soldés par un échec lorsque les RSF ont demandé un contrôle disproportionné sur le gouvernement. En réponse, le Conseil de sécurité prévoit d'imposer dès le 3 novembre une résolution gelant avoirs et interdisant certains voyages à plusieurs commandants militaires concernés par ce conflit. Toutefois, sans mécanismes concrets pour faire respecter ces sanctions comme une zone d'exclusion aérienne ou un embargo sur les armes, leur efficacité reste incertaine.

Des projections sombres annoncent un avenir incertain au Soudan

Martha Ama Akyaa Pobee avertit : « Sans application immédiate du cessez-le-feu, nous prévoyons 1,2 million de déplacements supplémentaires dans le Darfour d'ici fin décembre 2025, portant ainsi à 11,7 millions le nombre total déplacés depuis avant-guerre ». Cela représenterait presque un quart du pays en mouvement dans ce contexte chaotique où chacun se demande où aller et comment survivre.

Le monde entier observe ce déclin catastrophique au Soudan tout en espérant qu'il ne sera pas trop tard avant qu'une intervention significative soit mise en place pour limiter cette tragédie humaine croissante.